15 octobre 2009
Men or sextoys
photo : John Andresen
J'aime pas les sextoys. Je préfère les vrais vits, les gros braquemards, les membres fiers de mes amis les hommes. J'aime pas ce qui est inerte, figé, prisonnier de la matière, qu'elle soit plastique, silicone, ou latex, vibrante ou siliconée, c'est toujours inerte et sans vie et moi j'aime trop la vie pour ça. J'aime trop le sexe et le partage, et puis j'aime trop les hommes pour leur préférer un simple objet.
C'est ce que j'eus envie de répondre dernièrement à une femme de ma connaissance qui venait de perdre son sextoy, un lapin paraît-il, et qui, se lamentant sur cette perte irréparable, avait décidé de procéder à son inhumation, prenant exemple sur moi qui venais de perdre mon chat et l'avais enterré au cimetière animalier. A vrai dire cette personne m'était quasiment inconnue jusqu'à ce jour étrange où je reçus un mail anonyme me prévenant qu'un article nauséabond avait été écrit pour se moquer de moi, et m'offrant charitablement le lien. Je ne fis qu'une lecture rapide dudit billet, ayant en ce moment à me taper tous les grands philosophes pour l'Agreg, autrement dit d'autres chattes à fouetter. J'en retirais cependant beaucoup de peine - non pas pour moi qui souffre déjà tant de la perte de deux êtres chers etque ces mots d'une inconnue feraient plutôt sourire - mais pour l'auteure malheureuse dudit billet.
Quel malheur en effet de ne pas savoir se servir de ses dix doigts ! Un sextoy ne sera jamais vivant avais-je envie de lui dire, l'enterrement à Villepinte ma chère c'est un peu comme de la vaseline pour une néophyte de la sodomie, ça passe pas alors on met la dose...mais en réalité ça ne sert à rien si on n'aime pas ça. La sodomie faut savoir apprécier c'est pas permis à toutes, faut savoir se détendre et y aller progressivement. Mais on ne pourra jamais jouir par l'anus à coup de vaseline. De même on ne pourra jamais enterrer un objet qui par essence est inerte depuis sa conception. J'avais vraiment beaucoup de peine pour cette femme...J'aurais aimé lui dire d'apprendre à se faire jouir avec autre chose qu'un lapin mort, c'était vraiment trop malsain et moribond à imaginer je vous jure.
J'aime pas les sextoys je vous dis, j'aime que les vraies queues, bien dures et prêtes à l'emploi, question vibration et vitesse on fera jamais mieux, parole de bonne baiseuse devant l'Eternel - puisqu'il s'agit ici de religion...J'ai la religion du sexe masculin moi, je n'aime rien tant que le regarder, fier et droit se lever pour moi, ou mieux le toucher du bout de mes doigts tremblants de désir, ou bien à pleine main pour une branlette du diable je vous dis que ça, ou le top du top, le sentir enfin m'investir, me prendre, me limer, me défoncer, me déchirer de toute sa force et sa raideur...ça c'est de la vie !
Alors voilà désolée de faire encore appel à votre charité chrétienne ou athée, mes amis...lol...mais je crois que cette pauvre femme ayant perdu son lapin mort a demandé comme moi de l'aide pour l'enterrer à Villepinte, alors s'il vous reste quelques sous et si vous avez pitié de son malheur...Quant à moi, je me contente de lui offrir ce billet, toutes mes condoléances et mes voeux de découvrir un jour ce que c'est qu'un homme, un vrai, avec une bite bien amarrée et bien vivante.
Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait purement fortuite et j'en décline par avance toute responsabilité.
03 février 2009
Bagatelle (part.8 & fin)
photo : Trevor Watson
Ce fut Marie-Eglantine la première qui, soucieuse du bien-être de chacun et se souvenant que les cinq autres étaient là, rompit le charme du trio. Après un coup d'oeil à son homme et à sa compagne, elle se retourna vers ses amis, au garde-à-vous depuis un moment.
- Messieurs, avant de nous quitter, je vous propose le dessert : Jeanne et moi-même nous ferons un plaisir de vous l'offrir.
A ces mots, Monsieur s'était détaché des bras de la soubrette, et la tenant par la main, de l'autre faisant avancer Madame, toutes deux parfaitement nues et frémissantes de désir, il les présenta ainsi à leurs invités. C'était bien plus qu'il ne leur fallait pour honorer une dernière fois la soirée. Sous les conseils avisés de Monsieur, les cinq purent ainsi profiter tour à tour ou à la fois des deux jeunes femmes, et selon leurs désirs. Marie-Eglantine fut portée sur un sofa de velours rouge, on lui écarta les jambes avec toute la rudesse que son impétueux désir réclamait, on la pénétra, on la défonça, on la fit crier, pleurer de plaisir. Jeanne, toujours un oeil sur sa maîtresse, fut également troussée de la plus belle manière, elle dut subir les assauts de chacun des invités l'un après l'autre, tout en régalant Monsieur de temps en temps.
La nuit était fort avancée quand tinta la grande horloge du salon...Elle avait retentit déjà plusieurs fois sans que personne ne l'entendît, tant chacun était absorbé par le plaisir. Mais la fatigue eut finalement raison de chacun. Les cinq invités, exténués mais ravis, comblés au maximum par cette femme hors du commun et sa délicieuse compagne, remercièrent chaleureusement Monsieur de sa complaisance et de sa générosité. Puis, d'un commun accord, ils vinrent baiser la main de Marie-Eglantine, à demi-endormie sur son sofa, qui eut encore la force de leur répondre par un doux baiser sur les lèvres à chacun. Baiser qu'ils transportèrent sur les lèvres brûlantes et défardées de Jeanne, encore debout près de la porte, comme par miracle. Puis ils partirent.
Monsieur, refusant les services de Jeanne à cette heure indue de la nuit, la raccompagna jusqu'à la porte de ses appartements. Passant sa main dans sa chevelure lisse et brillante, il lui sourit.
- Reposez-vous ma chère. Considérez que vous êtes en congé pour deux jours, et n'hésitez pas à me prévenir si jamais vous désiriez entrer en contact avec l'un de nos amis...que vous avez connus ce soir. Bonne nuit.
Jeanne referma doucement la porte, ne prit pas la peine de se laver, le doux parfum de Marie-Eglantine entêtait son corps plus encore que toutes les effluves masculines, elle se coucha et s'endormit aussitôt.
Monsieur était retourné auprès de sa belle. Il la prit dans ses bras, vacillante, ivre, entre veille et sommeil. Marie-Eglantine était plus belle et plus émouvante que jamais ainsi abandonnée, offerte, sans plus aucune résistance possible. Il en ressentit une recrudescence de son désir. Lui seul allait enfin la posséder totalement et entièrement. Il la transporta dans sa chambre à lui, chaude et tendue de velours bleu, lui fit prendre un bain parfumé à la lueur de bougies savamment disposées dans sa vaste salle-de-bains de marbre crème. La lumière si douce des flammes rendait les courbes de son corps encore plus désirables, et rendaient à son beau visage toute sa clarté. Il prit grand soin de passer partout sur son corps, insistant davantage sur les zones les plus sensibles, caressant, frôlant, glissant sur chaque cetimètre de sa peau embrasée. Enfin, quand elle fut parfaitement propre, il la sécha et la frictionna vivement dans une immense serviette de bain, puis la porta sur le lit avec mille précautions, baisant sa chevelure et ses yeux fermés. Marie-Eglantine ne semblait plus qu'une poupée entre ses mains, seul son sourire faisait comprendre combien elle prenait encore de plaisir en ce moment. Elle s'était recroquevillée sur elle-même entre les draps. Il vint la rejoindre. Il l'entoura de ses bras puissants, colla son corps au sien. Malgré qu'elle fût en train de verser dans le sommeil, la jeune femme sentit contre ses reins la dureté de son membre et elle en fut profondément heureuse, elle le désira au-delà de tous ceux qui l'avaient faite jouir ce soir, comme on désire un bien souverain, un trésor inouï, un plaisir unique qu'aucun autre ne peut remplacer. Il comprit le oui que son corps offert lui criait dans le silence ouaté de la chambre. Alors, sans plus attendre, énorme, gonflé à bloc, les bourses pleines, il l'enfonça par derrière avec une rare puissance. Marie-Eglantine, malgré sa fatigue, ne put retenir un long cri. Il la défonça comme un bélier brisant une porte, de terribles coups de boutoir, l'écartelant, l'ouvrant, la faisant sienne davantage à chaque fois qu'il s'enfonçait en elle.
Non loin de là, cinq hommes sortaient tout juste d'un bar lounge où ils venaient de se sustanter tardivement et rapidement. Les deux plus jeunes, 25 ans tout au plus, allumaient une cigarette. Deux autres, la trentaine, échangeaient quelques propos en regagnant leur véhicule. Le plus âgé, 45 ans peut-être, enfourchait sa moto. C'est alors qu'un long cri déchira le silence de la ville endormie, et les fit se regarder les uns les autres...puis d'autres cris plus doux, comme étouffés par la distance, des cris reconnaissables entre tous pour un homme, des cris d'une femme dont le plaisir monte à ne plus se maîtriser. Les cinq hommes échangèrent un sourire : cette femme ils la connaissaient tous, une femme comme il en existe peu de nos jours, légère et tendre à la fois, respectueuse de chacun, aimant les hommes et le plaisir passionnément, prête à toutes les aventures, capable de contenter plusieurs partenaires en même temps, avide d'expériences et de complicités, belle, d'une beauté touchante, et surtout, terriblement bonne.
Cette femme qu'ils connaissaient était en train de jouir entre les bras de son homme, de celui qu'elle avait choisi entre tous, du seul à qui elle se donnait à tout instant s'il en avait envie, de son unique amant. Ils eurent tous une pensée d'envie envers cet homme chanceux, puis ils sourirent au souvenir si proche des plaisirs qu'ils venaient de connaître avec elle, et qui certainement se retrouveraient un jour prochain...Puis les véhicules démarèrent, les pneus crissèrent, la moto vrombit dans la nuit, et tous disparurent dans le brouillard des rêves érotiques qui happaient Marie-Eglantine, écroulée contre le torse de Monsieur, enfin endormie.
26 janvier 2009
Bagatelle (part.7)
photo : Alexey Lobur
Les deux jeunes femmes, troublées dans leur mutuelle découverte, s'étaient arrêtées un instant. Monsieur, d'un calme olympien que rien ne semblait ébranler, attendait son dû en effet. Jeanne jeta un regard interrogatif à sa maîtresse, que celle-ci balaya d'un bref signe de la tête et d'un sourire. Les invités, suspendus à ce qui allait se passer, songeaient plus ou moins qu'une suite était tout à fait possible à leur participation, vue la tournure que prenait la soirée...Déjà fort émoustillés par le divin spectacle que leur avait offert Marie-Eglantine et Jeanne, ils sentaient à présent l'aiguillon de la jalousie tourmenter leur chair, et cependant ils ne trouvaient rien à redire : Monsieur avait été d'une telle générosité avec eux...il était juste qu'il prît enfin sa part du gâteau.
Mutine et joueuse, Marie-Eglantine avait donc entraîné Jeanne à deux pas de son homme, feignant d'ignorer celui-ci et continuant de plus belle ses attentions envers sa compagne. Puis soudain, sans lâcher celle-ci, caressant son entrecuisse d'une main, elle défit doucement le pantalon de Monsieur. Ses longs doigts fins s'égaraient, hésitaient, frôlaient...puis finirent par prendre à pleine main le membre durci au maximum qui ne tenait plus sous le tissu tendu. Un instant, elle le branla avec ardeur et fermeté, comme pour le rendre plus dur encore si cela fût possible. Enfin, se tournant vers Jeanne qui suivait du regard les opérations avec amusement, elle s'écria :
- Goûte-moi ceci je t'en prie, ma belle...Tu m'en diras des nouvelles.
La soubrette ne se fit pas prier davantage et engloutit le vit de Monsieur avec une voracité inattendue. Les deux étalons réprimèrent avec peine une montée de sève devant ce spectacle : Jeanne cachait bien son jeu...Pensant au début qu'elle ne s'intéressait pas aux hommes, ils s'en étaient rapidement détournés malgré son physique pour le moins bandant. A présent, détrompés par la vision de cette bouche sensuelle à l'assaut du membre de leur hôte, ils bandaient en effet de plus belle. Quant aux deux jeunes ils n'en pouvaient plus et se seraient rués sur les deux jeunes femmes si la décence ne les en eût pas empêchés. Quant au cinquième invité, il ne semblait pas trop surpris lui, et semblait se garder pour la suite.
Cependant, Jeanne pompait avec ardeur, d'autant plus excitée que Madame l'encourageait du geste et du regard, sans cesser de l'entreprendre. Cette fois, Monsieur commençait à perdre son calme. Au rythme de folie où allait la soubrette, il n'allait plus tarder à venir. Sentant cela, il attira à lui Marie-Eglantine dans un geste qui ne souffrait aucune réplique, la fit écarter ses longues jambes au-dessus de lui - il était à présent à demi-allongé sur le sofa, Jeanne à ses genoux - et glissa une langue aussi experte qu'assoiffée dans la petite chose toute lisse et trempée de sa douce. Marie-Eglantine se cabra de plaisir. Il savait tellement bien y faire...Il lui était impossible de résister longtemps à cette divine caresse quand c'était lui qui la lui prodiguait, tant il pouvait être pervers, inquisiteur et délicieux. Elle poussait de petits cris de bête prise au piège...Jeanne volant à son secours, accéléra derechef le rythme de sa fellation. Un instant plus tard, ayant tout de même torturé sa belle de sa langue démoniaque, Monsieur ne tarda pas à éjaculer dans la bouche de Jeanne, qui avide et gourmande avala sans demander son reste.
Monsieur respirait. Il s'était tellement contenu durant toute la soirée qu'il venait de décharger avec un soulagement et un plaisir infinis : Marie-Eglantine avait en effet bien choisi sa soubrette, elle était excellente se disait-il. Celle-ci, sans même prendre la peine de s'essuyer la bouche, se planta devant sa maîtresse et déclara, repue :
- Un grand crû en effet, Madame...
Et elle embrassa tendrement sa maîtresse, lui faisant goûter la semence de Monsieur dont il restait des effluves dans sa bouche sucrée. A ce geste, Monsieur revint vers elles. Ils ne firent plus qu'un tous trois durant quelques instants, tant leurs caresses et leurs baisers, leurs mains et leurs corps se trouvaient enfin...
15 janvier 2009
Bagatelle (part. 6)
photo : Scott Church
Les deux jeunes femmes formaient à présent un touchant spectacle. De morphologie et de taille à peu près similaires, elles semblaient incarner une troublante gémellité, ou bien encore le mythe narcissique en son essence première. Seuls leurs visages et leurs chevelures marquaient leur différence naturelle. Les lourdes boucles brunes de Marie-Eglantine se mêlaient aux longs cheveux cendrés de Jeanne, aussi lisses que ceux de sa maîtresse étaient rebelles. Les yeux profonds et sombres comme la nuit de Madame s'adoucissaient cependant quand ils plongeaient dans l'eau verte et lumineuse du regard de sa complice.
L'homme le plus âgé s'était approché de Monsieur, et lui glissa quelques mots à l'oreille, en parfait esthète qu'il était, se réjouissant du plaisir de la vue qui lui était offert aussi bien que du plaisir que son amie découvrait en ce moment.
- Vous avez somptueusement organisé cette soirée, mon ami...de main de Maître si j'ose dire...
- Merci bien, mon cher. Je vous avoue que cet ultime instant me tenait à coeur, bien que je ne susse point du tout comment il pût se dérouler : Marie-Eg n'avait jamais approché une femme de sa vie avant ce soir, et elle aurait très bien pu mal prendre ma petite surprise. Ou encore, notre chère Jeanne aurait pu se dérober malgré son envie, car s'abandonner ainsi devant six hommes ne doit pas être des plus simples pour elle...
- Simple non. Mais excitant certainement...Ne la plaignons pas. Je suis certain que Marie-Eg lui communique son plaisir de l'exhibition.
Leur invité ne croyait pas si bien dire. Marie-Eglantine, une fois passées les premières minutes de flottement, sous les baisers de sa compagne, avait vite retrouvé son élan naturel. Et puis, ses amis et son homme étaient là, l'aiguillon de son désir ne s'en attisait que davantage. Prise d'une terrible envie de remercier tous ces hommes des multiples plaisirs qu'ils lui avaient offerts, elle abandonnait toute pudeur et se livrait avec passion aux assauts de plus en plus osés de Jeanne. Celle-ci lui avait d'abord pris les lèvres très doucement, puis était descendue peu à peu de son visage à son cou, de son cou à ses seins très durs, de ses seins à son ventre creusé de désir. Ce faisant, elle goûtait les essences mêlées de ces Messieurs sur le corps de Marie-Eglantine. Et ce mélange ne semblait pas lui déplaire, loin de là, à en juger par ses lèvres gourmandes. Madame se cambrait délicieusement sous ces caresses buccales, entrouvrait ses longues jambes - volontairement ou non, c'était difficile à dire...Et puis soudain, sans crier gare, fidèle à elle-même plus que jamais, va-t-en-guerre et risque-tout, elle se leva brusquement, renversant Jeanne contre un accoudoir du sofa, la faisant prisonnière en glissant une de ses jambes entre les siennes. Dans le même mouvement, elle avait attrapé les mains de la jeune femme et les lui maintenaient à présent dans le dos. Un instant brûlant, leurs regards fusionnèrent, la nuit se jeta dans l'eau verte, leurs seins dressés se frôlèrent. Puis ce fut l'ouragan. La tempête inouïe, le naufrage des corps unis, les cris déchirant de plaisir. Marie-Eglantine avait pénétré l'intimité de sa compagne de deux doigts conquérants. Jeanne, toute à son infini plaisir, n'en oubliait pas celui de sa maîtresse : sa langue experte et ses dents agaçantes dévoraient littéralement les petits seins qui la défiaient, arrogants et plus délicieux que jamais.
Autour d'elles, parfaitement heureux et comblés du spectacle, les cinq invités se branlaient dur comme fer. Monsieur quant à lui, s'était approché du duo entremêlé que formaient les deux corps féminins.
- Madame, fit-il...Mademoiselle...Je réclame mon dû.
12 janvier 2009
Bagatelle (part.5)
photo : Sergey Kaptilkin
La soirée se consumait. Chacun des invités avait honoré plusieurs fois leur hôtesse dignement et de façon unique. Marie-Eglantine gisait sur le sofa, éperdue, un vague sourire aux lèvres, les yeux mi-clos, comme happée par un autre monde, une autre dimension. De longs sillons de sperme séchaient sur son ventre, sur ses cuisses refermées, sur ses seins qu'elle avait entouré de ses bras en une position de repli, de repos. Ses amis caressaient ses cheveux, son visage, son corps, et il émanait de leurs gestes tant de douceur et de virilité à la fois que de temps en temps la jeune femme ne pouvait maîtriser une énième envie, un brusque regain de désir tout au fond de son ventre. Alors, elle rouvrait les yeux, regardait intensément celui qui en était l'auteur comme pour mieux s'imprégner une dernière fois de lui, puis les refermait.
C'est alors que la voix grave de Monsieur retentit dans le silence ouaté de la pièce, adoucie par les lourdes tentures de velours.
- Jeanne ! Voulez-vous bien vous occuper de Madame ? Je pense qu'elle a besoin de vous.
Un silence profond plana quelques instants sur tous les membres de la soirée. Marie-Eglantine avait soudain rouvert les yeux prestement et s'était mise sur son séant, son visage hésitait entre l'étonnement le plus grand et une joie presqu'enfantine. Les deux jeunes gens qui s'étaient rebraguettés, sentaient qu'ils risquaient de partir trop vite comme souvent. Le grand brun gardait un air sérieux et curieux. Le blond avait déjà remis la main dans son pantalon. Quant à l'homme un peu plus âgé, il souriait devant l'adorable désarroi de Jeanne, qui aux paroles de Monsieur, s'était immédiatement levée mais n'osait faire un pas.
- Eh bien qu'attendez-vous Mademoiselle ? reprit Monsieur. Madame va prendre froid voyons !
Jeanne ne regardait que Marie-Eglantine, au milieu de tous ses hommes, à-demi assise et nue, serrant ses petits seins entre ses bras, qui l'attendait. Jamais elle n'aurait pensé participer à cette soirée, Monsieur était un pervers de première, un vrai calculateur, un excellent observateur aussi certainement, pour la contraindre à réaliser ses désirs les plus secrets aujourd'hui, devant tous ces hommes. Elle avança vers le sofa, à la fois fière et morte de honte. Les six paires d'yeux masculins ne la quittaient pas du regard. Arrivée devant Madame, elle s'agenouilla et dit :
- Je ferai ce que vous voulez.
Mais c'était sans compter sur la perversité et l'innocence de Marie-Eglantine. La jeune femme releva Jeanne de ses mains, frôlant son visage et ses lèvres, et sourit :
- Voyons Jeanne, vous savez bien que j'ignore ce que c'est qu'une femme. Comment vous commanderais-je si je n'en ai jamais touché ? C'est à vous que revient l'honneur d'agir.
Et comme le visage de la soubrette exprimait une surprise et une honte encore plus grandes, jetant des coups d'oeils désespérés aux invités, Madame poursuivit doucement :
- Je vous fais confiance, Jeanne. Vous avez votre place parmi nous ce soir, je l'ai souhaité ainsi, je sais que vous ne nous décevrez pas.
Une fraction de seconde, Jeanne ne regarda plus que ses pieds. Puis, comme balayant ses peurs, elle retira rapidement son tablier blanc, sa robe noire aux genoux, ses bas et ses souliers. Elle défit ses cheveux. Elle grimpa sur le sofa, les cinq invités qui s'étaient écartés pour la laisser passer, n'en perdaient pas une miette. Quant à Monsieur, cette fois-ci, il s'était débraguetté enfin, révélant une magnifique érection. Marie-Eglantine lui jeta un regard éloquent. Et lorsque Jeanne toucha du bout des doigts la pointe de ses seins, elle tressaillit. Elle sut alors qu'il lui restaient encore quelques ressources...Elle osa caresser sa compagne, cherchant dans les yeux de ses amis les encouragements dont elle avait besoin. A vrai dire, elle était plutôt contente de leur présence car elle n'aimait rien plus que se montrer, elle aurait peut-être été plus empruntée seule avec Jeanne, aussi elle sut gré à Monsieur de cette touchante attention. Quant à Jeanne, elle avait réussi à oublier un peu la présence des six hommes, elle était à présent plus détendue et découvrait le corps de Marie-Eglantine par ses caresses...
08 janvier 2009
Bagatelle (part.4)
photo : Chris Cayton dans une galerie de Tendre Bulle
Monsieur avait abandonné le corps tremblant de désir de Marie-Eglantine et s'était reculé à nouveau, attendant la suite avec curiosité. Le blond, décidément le plus entreprenant de tous, n'hésita plus un instant, prit la jeune femme dans ses bras puissants et la déposa sur un sofa tendu du même velours blanc. Elle le regardait dans les yeux comme son dernier espoir, entre supplication et exigeance, n'en pouvant plus de tous ces préludes sans fin qui l'avaient attisée sans la satisfaire véritablement. Il la prit brutalement, lui ayant relevé les jambes très haut pour mieux la pénétrer. Elle eut un petit cri de surprise et de joie, et très vite releva les yeux vers tous ses invités, les conviant du regard. Monsieur, son verre de vin à la main, approuvait de la tête doucement.
- Allez-y les gars, elle n'attend que ça...Vous risquez d'être surpris par sa résitance et son appétit, c'est moi qui vous le dis !
Le blond la défonçait sans vergogne comme s'il n'avait pas touché une femme depuis des mois. Marie-Eglantine semblait si légère et si fragile sous lui qu'on aurait pu craindre qu'il lui fasse mal par sa brutalité. Mais à regarder l'expression de la jeune femme, c'était plutôt le plaisir et la joie qu'on pouvait y lire, une joie unique, magique, démente, qui la transfigurait, la rendait plus belle et désirable encore si cela fût possible. Le grand brun, n'y tenant plus, fit un signe à son camarade qui lui laissa la place, choisissant d'investir le palais de la jeune femme pendant que son ami la prenait. Il ne fut pas plus tendre avec elle, mais visiblement c'était ce qu'elle demandait. Elle avait une façon de regarder son partenaire pendant qu'il lui infligeait ses coups de butoir particulièrement excitante et provocante, une sorte de défi dans ses grands yeux sombres, alors que tout son corps tendu et cependant réceptif, demandait, suppliait, commandait davantage encore de l'autre. Le brun, sentant qu'il n'allait plus tarder à venir, céda la place au jeune Apollon qui attendait tout feu tout flammes, le vit à la main. Dans son coin, Monsieur esquissa un mince sourire et fit un clin d'oeil en direction de leur troisème invité, l'homme plus mûr, qui pour l'instant se contentait de caresser les seins de la belle.
Monsieur connaissait son sujet en effet. En moins d'une minute, Marie-Eglantine avait imposé au jeune homme un rythme d'enfer, elle l'avait d'abord fait asseoir gentiment dans le sofa, puis s'était empalée sur lui d'un coup sec sans demander son reste. Au bout de quelques minutes il devint évident qu'il ne tiendrait pas. Elle y allait comme une bête, mordant au passage les poings qu'on lui tendait, ou aspirant avidement les membres qu'on lui présentait. Le jeune homme ne tarda pas à exprimer l'infini plaisir qu'elle lui donnait ainsi. Elle le laissa se relever et repartit de plus belle avec le deuxième garçon dans une farouche équipée, non sans jeter un sourire de triomphe à son homme qui la regardait à l'oeuvre.
Dans l'angle du fond, Jeanne, toujours assise sur son tabouret, était au supplice. Une seconde, Marie-Eglantine sur sa monture, croisa son regard...Elle faillit ralentir son rythme, comme si la vision de la jeune femme l'avait soudain attendrie. Mais elle repartit de plus belle, éperonnant sa monture qu'elle finit par laisser à demi-mort sur le sofa.
- A qui le tour ? lança-t-elle de son air bravache et provocateur.
- A moi si vous permettez, fit le troisème invité, après avoir échangé un regard avec Monsieur.
Marie-Eglantine sourit et décida de changer de position, elle se mit à genoux sur le sofa, les mains tenant solidement le dossier, elle avait ainsi une vue directe sur Monsieur et pouvait ne pas le quitter du regard. L'autre déjà, l'avait pénétrée, écartant la soie bruissante de sa robe, toujours tenant à un fil, de part et d'autre de ses petites fesses rebondies. Le spectacle était particulièrement bandant, et le blond et son pote s'étaient rapprochés du beau visage de la jeune femme qu'ils caressaient de leurs membres redevenus durs comme fer. L'autre, derrière elle, la forçait à un rythme plus lent, plus profond, comme s'il voulait imprimer en elle son passage, il la maintenait fermement par la taille, il prenait son temps, il la rendait folle. Agrippée au dossier du sofa, Marie-Eglantine, le regard noyé dans les yeux de Monsieur, l'implorait du regard : quand donc déciderait-il d'intervenir enfin ?...Combien de soleils devaient encore se lever en elle, combien d'étoiles s'allumer, combien de volcans s'éveiller dans sa chair, pour qu'il la prenne, totalement abandonnée, quand il ne resterait plus rien d'elle que l'éclatement de la lumière elle-même, que l'incendie de tout son être ?
02 janvier 2009
Bagatelle (part.3)
photo : Justin Grant
Sur ces mots murmurés tendrement à l'oreille de sa belle, Monsieur recula de quelques pas, et avisant un guéridon sur lequel attendaient un plateau en argent, des verres à vin et une bouteille de Bordeaux, se servit un verre, puis s'adossa à un mur, observant le spectacle qui s'offrait à ses yeux.
Marie-Eglantine s'était assise, invitant les deux jeunes gens à approcher. Alors que les trois autres continuaient leurs caresses sur son corps presque entièrement dénudé - la robe de soie rouge ne tenait plus que par les derniers lacets de la taille - elle avait posé de part et d'autre ses mains sur les renflements des pantalons des deux jeunes qui s'enhardissaient à ses côtés. Sans un regard pour ses trois amis qui la comblaient cependant de douceur, par jeu et pour mieux les narguer, elle massait doucement les membres gonflés à bloc sous le jean, puis ses longs doigts fins eurent rapidement raison des braguettes, et mirent à nu deux vits magnifiques et durs comme l'acier. C'en était trop pour le grand blond qui d'un geste impatient, s'approcha davantage d'elle, écartant la soie rouge et bruissante de ses cuisses qui tremblaient d'impatience, et commença à lui infliger le plus délicieux supplice qu'une femme pût souhaiter. Le beau brun quant à lui, mordillait la pointe dure de ses petits seins tous gonflés de désir. Mais c'était sans compter sur le troisième larron, le plus averti de tous, qui voyant l'affaire s'engager aussi vite, n'hésita pas un instant de plus et, s'étant débraguetté, lui enfonça son membre entre ses lèvres qui criaient grâce...Au rythme effréné du plaisir que lui donnaient ses trois amis, Marie-Eglantine se mit alors à branler vivement les deux jeunes garçons : très vite, ils eurent du mal à garder leur maîtrise, elle y allait comme une brute, comment une telle jeune femme si frêle, si fragile en apparence, avec des mains si fines, des poignets que le premier homme aurait pu briser, pouvait-elle avoir une telle poigne de fer, se demandaient-ils, au bord de la jouissance ?
Monsieur, ayant terminé la moitié de son verre, le reposa sur le guéridon et jeta un oeil à l'autre bout de la pièce : Jeanne, toujours assise sur son tabouret, le regard fixe et les yeux exorbités, ne quittait pas sa maîtresse des yeux. A bien y regarder d'ailleurs, c'était surtout le visage de Marie-Eglantine qu'elle contemplait ainsi hypnotisée : sa tête renversée en arrière, sa bouche presque forcée par le membre vigoureux, ses yeux à demi-fermés, ses lèvres qui s'entrouvraient pour respirer malgré tout, et d'où ne pouvait s'échapper aucun cri de plaisir.
- Il n'y a pas à dire, c'est un spectacle fascinant, n'est-ce pas Jeanne ? lança Monsieur en se rapprochant de la jeune femme.
Celle-ci, surprise et dérangée dans sa contemplation, leva les yeux vers lui et acquiesça en silence.
- Que ressentez-vous en ce moment ? continua Monsieur, mi-taquin, mi-inquisiteur.
Jeanne avait baissé la tête sans répondre. Il lui releva le menton du bout des doigts, l'obligeant à croiser son regard pers, qui oscillait entre le vert, l'or et l'acier, telle une lame flamboyante.
- Répondez, Jeanne, pour l'amour de Madame !...Vous savez bien que tout est pour elle !
Alors, confuse et rougissante, le menton toujours entre les doigts de Monsieur, sans même pouvoir appeler au secours Marie-Eglantine du regard, Jeanne lâcha dans un souffle :
- Je voudrais être avec eux !...Je veux dire...je voudrais lui donner du plaisir moi aussi.
Monsieur cueillit littéralement cet aveu sur les lèvres de la jeune femme, puis, lui rendant sa liberté, la laissa sur son tabouret et fit quelques pas en direction de la table. Tout s'était accéléré. Marie-Eglantine ne contentait plus un mais trois hommes de sa bouche gourmande, le brun, le blond et le plus jeune. L'autre jeune, toujours prisonnier de sa main habile n'en pouvait visiblement plus...Il n'allait pas tarder à venir. Le plus âgé avait pris la place du blond entre ses jambes et léchait avidement la liqueur sucrée de son fruit.
- Eh bien Messieurs, que dîtes-vous de l'entrée, est-elle à votre goût ?...
Monsieur passa une main très doucement sur le corps alangui de Marie-Eglantine, la faisant frissonner puis se tordre de désir. C'en était trop pour le petit qui éjacula sans crier gare entre la main de la jeune femme : son beau visage en fut aspergé. Avec son autre main, elle s'essuya et lécha ce qu'elle put du bout des doigts.
21 décembre 2008
Bagatelle (part.2)
photo : Angela Blank
Les quatre hommes s'étaient avancés au regard de Marie-Eglantine. Ils se tenaient à présent immobiles, deux de chaque côté de la table, tournés vers elle, aucun ne se lassait de contempler sa grâce ainsi abandonnée, bien que chacun la connût. A gauche, Monsieur demeurait les bras croisés sur sa poitrine, sa belle quarantaine insolente, ses longs cheveux noirs et ses yeux pers semblaient narguer les deux jeunes gens qui lui faisaient face. A côté de lui, un homme un peu plus âgé, les tempes grisonnantes, parfaitement bien mis, esquissait un demi-sourire révélant le fin gourmet en proie ses désirs les plus enfouis. En face d'eux, à droite de la table donc, deux jeunes étalons d'une trentaine d'années, bien bâtis, l'un blond l'autre châtain, se lançaient de brefs coups d'oeil qui en disaient long sur leurs envies.
Soudain, sans rompre le silence qui enlaçait de plus en plus les protagonistes de cette scène dans un désir sourd et de plus en plus violent, Monsieur approcha une main du corps allongé de la jeune femme. Il écarta légèrement la soie rouge de la robe, révélant ses longues cuisses fuselées, son sexe lisse et si bien dessiné, puis son nombril profond et son ventre qui se creusait sous le geste rapide de son amant. Aucune caresse cependant ne s'égara sur sa peau frémissante. Au fond de la pièce, sur son tabouret, Jeanne dévorait du regard Marie-Eglantine ainsi dévoilée.
- Messieurs ! Elle est à vous ! lança le maître des lieux d'une voix neutre tout en s'écartant un peu de son oeuvre afin de mieux en juger. Vous savez que vous êtes ici pour son plaisir, rien que pour son plaisir -et le vôtre...Vous êtes le cadeau qu'elle a souhaité ce soir, auquel, en époux généreux, je n'ai pu m'empêcher d'adjoindre un petit supplément : vous ne serez pas trois mais cinq...
A cet instant, de lourds coups résonnèrent à la grande porte du château, on frappait du heurtoir. Jeanne, le visage bouleversé, faillit se lever : sur un regard de sa maîtresse elle se contint du mieux qu'elle put. Les trois invités se regardaient, un peu perdus, cherchant une réponse dans les yeux de leur amie. Mais les grands yeux sombres de Marie-Eglantine n'étaient plus qu'un brasier sans fond où dansaient une flamme terrible, attisée si longtemps par l'envie, brûlant tout sur son passage...Seul un gémissement sortit de ses lèvres entrouvertes. Monsieur sourit et quitta la pièce, la laissant aux bons soins des trois autres. Le blond, littéralement fasciné par ce corps féminin plus que parfait et n'attendant que son bon vouloir, commença lentement à caresser ces longues jambes, les écartant de plus en plus...Le grand brun, perdant soudain toute retenue, découvrit ses seins et les empauma dans ses larges mains, les malaxant et pinçant les bouts avec impatience. Le troisième, plus pervers, s'était contenté des doigts de sa main droite qu'il léchait et enduisait de sa salive avec délectation. Marie-Eg, les yeux mi-clos, maîtrisait de petits gémissements de bête prise au piège, affolée par son désir et par celui de ses hommes...C'est alors que la porte entrebaillée se rouvrit. Monsieur fit entrer à sa suite deux jeunes gens, l'un n'avait qu'une vingtaine d'années et écarquillait les yeux dans la pénombre, sans oser croire à sa chance, l'autre quelques années de plus mais d'une beauté à couper le souffle, très timide semblait-il.
Marie-Eglantine s'était relevée sur un coude pour les jauger. Elle eut un sourire délicieux et murmura :
-Soyez les bienvenus Messieurs. C'est mon anniversaire ce soir et je veux m'amuser !
Puis, elle attira le visage de Monsieur vers elle et déposa un baiser sur ses lèvres.
- Je t'aime...A toi l'honneur.
Mais Monsieur n'était visiblement pas de cet avis.
- Pas tout de suite ma douce...Je veux les voir te prendre tous.
17 décembre 2008
Bagatelle (part.1)
Mon Elav avait écrit un conte voici quelques temps, qui se déroulait à la veille de la grande Révolution, et dont l'héroïne avait des capacités sexuelles hors normes alliées à la beauté du diable : elle s'appelait Marie-Eglantine et était issue de la fine fleur de la noblesse. Je vous présente aujourd'hui sa digne descendante dans une version moderne...Et n'hésitez pas à retrouver dans les archives Classée X...
photo : Bogac Erguvenc
Elle acheva de se poudrer, attacha sa lourde chevelure en une queue de cheval basse avec un ruban de velours sombre, jeta un bref regard à sa psychée et appuya sur un bouton de nacre incrusté dans sa coiffeuse. Mais Jeanne, devançant son appel était déjà dans l'embrasure de la porte.
- Prépare-moi, ils ne vont pas tarder à arriver, il se fait tard...
- Bien Madame. La robe de soie rouge, les bas noirs, les escarpins de satin ?
- La robe uniquement.
La nuit était tombée depuis longtemps en effet, enserrant le château dans un écrin sombre et quelque peu inquiétant. Mais Marie-Eglantine était d'humeur légère, affichant même beaucoup d'impatience, alors que Jeanne achevait d'ajuster le corset de la robe rouge sang sur sa taille mince. Quand elle fut prête enfin, les deux jeunes femmes contemplèrent leur ouvrage dans le miroir, satisfaites d'elles-mêmes.
- Vous êtes belle Madame, osa Jeanne dans un souffle.
- Tu es donc la première ce soir à me le dire...sourit Madame, avant de déposer un baiser sur son front.
Mais déjà un crissement de pneus sur les graviers se fit entendre dans la nuit, malgré l'épaisseur des triples-vitrages. La jeune châtelaine se précipita hors de sa chambre, sa compagne derrière elle, traversa un long couloir parqueté de chevrons, et parvint dans l'immense salle-à-manger : une table très grande recouverte d'une lourde nappe de velours d'un blanc immaculé trônait au milieu de la pièce. Tout autour, des fauteuils, des chaises, des sofas, tendus du même velours blanc. La jeune femme grimpa sur la table et s'allongea en son centre de tout son long. Jeanne prit bien soin de répartir les pans de sa robe de la façon la plus esthétique tout autour du beau corps alangui et offert de sa maîtresse. Puis, l'abandonnant ainsi, elle dévala les marches du grand escalier qui menait à la porte d'entrée.
Allongée sur la table, immobile et retenant son souffle, Marie-Eglantine tentait d'entendre ce qui se passait en bas. Bien sûr, elle aurait très bien pu aller recevoir ses invités elle-même. Mais elle sourit toute seule en imaginant leur surprise de ne la voir point en personne, et aussi de découvrir sa charmante compagne. Car Jeanne était bien davantage une compagne qu'une femme de chambre. Elle l'avait choisie justement pour son port altier, son regard fier et droit, son parler le plus pur et ses manières les plus nobles. Jamais elle n'aurait pu souffrir qu'une femme vulgaire lui soit adjointe, même pour son service. D'ailleurs Jeanne était bien la première femme qui la servait, ce poste étant normalement dédié à un homme. Elle en était là de ses réflexions lorsqu'un brouhaha de voix mâles monta jusqu'à elle : elle reconnut chacune de leurs voix et sourit de contentement. Jusqu'au dernier instant elle avait craint que Monsieur ne soit pas de la partie. Cette fois, il était là ! Les voix se turent, das pas lourds montant les marches les remplacèrent, la jeune femme ne put maîtriser un léger frisson le long de son corps fiévreux et nu dans sa robe de soie.
- Madame vous attend.
Jeanne venait de réapparaître, presque au garde-à-vous devant la porte, attendant un signe de Marie-Eglantine. Celle-ci perçut malgré l'assurance de mise de sa compagne, un léger tremblement dans sa voix. Elle en fut touchée. Demeurant allongée, sans bouger d'un pouce, elle fit un geste de la main droite. Jeanne fit entrer les quatre hommes et referma la porte derrière eux. Ensuite elle alla s'asseoir dans un coin de la pièce, sur un tabouret de velours blanc, et resta ainsi immobile et très droite durant tout ce qui se passait.
Marie-Eglantine n'eut pas un geste, seul son regard embrasé d'une flamme nouvelle, embrassa Monsieur et ses hôtes, puis les invita à s'approcher d'elle. La salle-à-manger était baignée dans la pénombre, seulement éclairée par de grands chandeliers d'argent posés sur les étagères, et cette atmosphère douce et ténébreuse rehaussait davantage la beauté mystérieuse de cette femme, ses boucles brunes que le ruban ne parvenait pas à enserrer totalement, sa taille et ses petits seins parfaitement présentés dans l'étroit corset, sa peau si blanche dans sa robe rouge dont les pans entrouverts dévoilaient ses longues jambes et ses pieds nus...
06 juin 2008
J'Eux - part 4 (fin)
photo : Lee Stranahan
Sur un regard, les deux hommes échangèrent leur place, ne laissant à Faustine que quelques secondes pour reprendre son souffle. Edern semblait décidé à lui faire payer très cher son petit allumage. Il faisait comme chez lui - il était chez lui effectivement et ça se voyait. Les cris de Faustine devinrent plus aigus, alors qu'il la maintenait ouverte, les bras en croix, comme sacrifiée à son plaisir, et la défonçait littéralement. Mais c'était sans compter sur Gérard, qui très vite reprit les choses en main, et la fit taire en lui enfournant son membre durci au maximum dans la bouche, lui offrant à la fois le goût de son plaisir à elle dont il était enduit, et le sien, perlé au bout de son gland turgescent.
- Tu as intérêt à être bonne, ma belle, lança Edern, tu es filmée.
La jeune femme tenta de tourner la tête...Elle entrevit en effet la caméra posée sur sa coiffeuse. Edern avait du la mettre en place à son arrivée...Toute à son petit jeu avec Gérard, elle n'y avait pas prêté attention. Elle n'en éprouva ni gêne ni honte, juste une intime et profonde satisfaction. Edern la connaissait au-delà de ce qu'elle pouvait lui dire ou lui montrer, elle en avait une fois de plus la preuve. Si elle avait pu, elle aurait souri. Mais la violence du rythme de son amant la ramena à des considérations plus pratiques, et puis elle avait trop envie de goûter Gérard, il fallait le faire venir à tout prix. Son pieu dans sa bouche étroite la rendait folle, elle pompait comme une damnée, libérée de toute entrave par celui d'Edern qui défaisait une à une ses plus lointaines défenses. Ainsi prise, elle jouit deux fois, amenée toujours plus avant sur le sentier du plaisir, et désireuse plus que tout d'offrir le même plaisir au moins, à son amant et son ami. Possédée, bouleversée, défaite, à bout de forces, elle n'attendait plus que l'ultime instant où ils lui feraient l'honneur de leur plaisir.
Les deux hommes venaient cependant d'échanger un bref regard. Faustine, sans comprendre, sentit entre ses reins la puissance d'Edern décuplée soudain, il allait venir, enfin...Tout au fond d'elle la dernière porte s'ouvrit, en même temps que Gérard retirait son membre de sa bouche et lui fouettait le visage avec. Elle hurlait à présent, elle exigeait, elle suppliait. Un spasme violent la tordit de plaisir, Edern venait d'éclater en elle. Mais...immédiatement, il s'était retiré. Il acheva de se répandre sur son corps vibrant de délice et de ravissement, alors que Gérard, encouragé par cette vision tellement excitante, faisait de même sur son délicat visage. En un instant la belle fut recouverte de leur sperme. Elle était aux anges, elle souriait, heureuse, enfin comblée, elle allait chercher sur ses seins, sur ses joues, leurs essences qu'elle goûtait et mélangeait sur sa langue. Pendant ce temps, la caméra filmait.
Longtemps après - aucun n'aurait su dire vraiment combien de temps s'était écoulé - Gérard se leva, déclarant qu'il allait en griller une sur le balcon. Etait-ce vraiment le besoin de fumer une cigarette, ou bien juste celui de laisser à son amie un moment de retrouvaille et d'intimité avec son homme ?...Mais Faustine n'eut pas le loisir de le remercier, elle venait de s'assoupir sur la poitrine d'Edern.
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