30 août 2009
Lettre à mon patron
photo : Alejandra Guerrero
Ceci est une lettre à mon patron à mon amant...mais je ne sais pas encore si je vais la lui remettre
Monsieur, voilà j'ai plus qu'un mois dans vos bureaux, va falloir mettre les bouchées doubles, je parle pour moi en l'occurence, vu tout ce que je dois avaler, comme somme de travail s'entend...D'ailleurs mon mari commence à trouver ça louche que je sois fourrée (c'est le cas de le dire) au bureau en plein mois d'août, alors que je suis sensée être en congé, moi j'ai répondu que mon amant mon patron a besoin de moi pour un nouveau projet, et j'ai pas menti en plus. Comme ça, dis, t'as vraiment besoin de moi ?...
J'ai besoin de toi. Je partirai pas.
Je voudrais te dire...je dois vous dire : vous êtes génial, vous êtes vraiment l'homme de la situation, le Prince de Machiavel, vous trouvez toujours la solution idéale au moment voulu - tu as raison inutile de remettre mon string au point où j'en suis, enfin bref heureusement que j'ai mis une robe de longueur conséquente.
Je pensais pas que tu ferais ce chemin vers moi, je suis une conne de pas m'en être doutée, une fois de plus vous m'avez feintée patron. J'aurai pas à m'en aller, c'est trop génial.
Monsieur je crois à votre notre projet, parce qu'il s'inscrit dans la droite ligne de notre chemin, de votre quête et de la mienne. J'y crois surtout parce que vous êtes de ces hommes qui réussissent tout ce qu'ils entreprennent et qu'il serait vain de douter de toi. Après tout, tu ne doutes pas de moi, il est clair que je vais enfin réaliser ma vocation : devenir prof de Philo. Grâce à toi, grâce à vous patron.
Je voudrais vous dire aussi : mes maigres connaissances, que vous appelez Savoir, c'est tout ce que j'ai avec mon amour de la vie, et c'est un honneur pour moi de vous les offrir autant qu'il est possible. Alors merci, simplement merci mon Amour, de me lier à toi une fois de plus : j'avais peur il y a quelques mois de perdre certaines de nos attaches, ignorante et naïve que j'étais, la vie et l'amour sont rapides à tisser les liens des amants, ces liens qui chaque jour leur ouvrent davantage les portes de la liberté.
- Vous pouvez y aller, Mademoiselle...pardon, Madame. Et vraiment désolé pour le string...On reparle de tout ça demain, faudra juste que vous m'indiquiez la référence sur Descartes.
Bon finalement je crois que je vais la lui remettre lundi, vous en pensez quoi ?...
07 juillet 2009
Wind of change
Sur la plage bondée une jeune fille entre 16 et 18 ans à peine écoute de la musique dans ses écouteurs, elle est très belle, elle est très seule aussi. Les regards des hommes la dévorent ou la caressent, elle les sent mais elle n'y prend pas garde, elle a la tête ailleurs. Les regards des femmes l'envient et essaient de la critiquer, elle n'y prend pas garde non plus car elle est habituée. Son bikini à carreaux vichy bleu lui donne encore plus l'air de Lolita, faut dire qu'elle n'est pas bien grosse, de petits seins, des hanches rondes mais tout de même plutôt étroites, des petites fesses rebondies, de longues jambes, bref un corps qui s'attarde dans l'enfance et qui cependant en est définitivement sorti. Ce qu'elle ignore c'est que des années plus tard, à 20, à 30 ans et plus...et même devenue mère...ce corps de Lolita demeurera intact, telle qu'il est aujourd'hui, sans un gramme de plus ni une trace de cellulite.
Elle écoute Scorpions et derrière ses lunettes noires elle pleure. Elle ne croit pas à l'amour, enfin si, enfin elle sait pas, elle sait plus, elle s'en fout, non elle voudrait s'en foutre.
Mais la guerre viendra. La guerre effacera ses larmes vaines pour ne plus faire couler que son sang. La guerre déchirera son âme en lambeaux, durant de longues années elle ne viendra plus sur cette plage bronzer et draguer, ni écouter de la musique.
Et puis un jour, parce qu'il est vrai que tout recommence et que la vie est la plus forte, la guerre s'achèvera. La très jeune femme, le corps étrangement intact, l'âme enfin sûre, reprendra le chemin de la plage, ses écouteurs sur les oreilles...
Elle n'a pas 30 ans, elle semble si légère et si futile, si belle et si sûre d'elle-même, elle nargue les femmes sur la plage et répond aux sourires masculins de temps en temps, par pur plaisir. Elle sait que l'amour existe mais elle lui laisse la liberté. Elle rêve à ses amants, et sa pensée s'attarde parfois sur l'un. Elle rêve aussi à ses amours. Mais en cet instant c'est à un homme qui ne l'a jamais touchée qu'elle pense, presque mélancolique. Elle aimerait être avec lui sur cette plage.
C'est avec Lui que je pars cet été sur cette plage, parce que l'amour existe, par-delà toutes les guerres - parce que l'amour n'est vraiment lui-même que lorsqu'il est libre.
Je dédie cette chanson à E...Et je fais le pari que dans un peu plus de dix ans, une nouvelle jeune fille, très belle et très fière, viendra bronzer et draguer sur cette plage : notre fille.
16 juin 2009
Tears, love and rain
photo : Valeria Lazareva
C'est après la vague de chaleur, quand il s'est mis à pleuvoir sans arrêt, quand la terre assoiffée boit à plus en pouvoir, quand je regarde l'eau brouiller le pare-brise et que tu conduis toujours comme il faut, quand ma gorge se serre à la jonction tu sais, entre mon coeur et mon ventre, quand le temps glisse et que j'ai peur tout-à-coup, je me sens une fille comme une autre après tout, je suis si vulnérable, si fragile, juste parce que je t'aime...
Et si chaque jour un peu plus je comprends, chaque jour un peu plus pourquoi c'est toi, si et seulement si c'est bien moi, alors tout va bien n'est-ce pas, la vie continue, comme cette route devant nous, même si j'ai peur des inconnues toi tu sais les résoudre, t'as pas fait une S pour rien, à la base t'es un scientifique hein, je te laisse résoudre alors - moi je pense, moi je formule, moi j'écris.
Il pleut tu vois, je sais la chaleur reviendra, tu m'as dit pas plus tard que demain je te crois, je te crois toujours parce que tu sais tout faire, même transformer la pluie en soleil je te crois, prends-moi dans tes bras en attendant j'ai un peu froid, je me suis pas assez couverte ce matin, mes escarpins sont tous mouillés, faut que je te dise mon rêve, mon fantasme, ma réalité, ma peur...Voilà c'est très simple, c'est tout con. Mon truc quand je suis amoureuse c'est de partager le travail avec celui que j'aime, le labeur quotidien, la peine - parce que pour moi un homme et une femme qui s'aiment c'est pas que le plaisir c'est la peine traversée ensemble aussi, le poids et l'intime fierté qu'on en tire. Mes ex étaient militaires je devais le devenir, et si j'ai pas eu mal de renoncer c'est juste parce que toi tu l'es pas. Pour toi j'ai mis mes maigres compétences commerciales en avant, toute mon expérience professionnelle ridicule, simplement pour être près de toi, partager ce quotidien-là, être ta moitié quoi.
Bientôt je vais m'en aller préparer l'Agreg de Philo. Tu vas peut-être toi aussi changer de cap, quelque chose qui a trait à la personne, je me console en me disant que c'est un peu le même domaine même si ça n'a rien à voir. Il pleut encore tu vois. Et d'abord pourquoi tu veux que je parle ? J'ai peur tu vois bien. En même temps je sais que c'est ma dernière chance pour la Philo et l'enseignement, alors je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour l'avoir cette putain d'agreg même si c'est c'est un concours plus dur que l'ENA vu le nombre de candidats et le nombre d'admis, même si j'ai une peur atroce de me casser la gueule en beauté. Mais cette peur-là c'est rien comparée à celle dont je te parle.
Bonnie and Clyde, j'ai toujours fonctionné comme ça moi, en binôme - c'est d'autant plus bizarre parce que dans la vie j'aime surtout la liberté et je déteste le couple fusionnel-collé-deux-en un, mais côté boulot le binôme c'est mon truc.
La nuit est tombée à l'heure où je t'écris, il a cessé de pleuvoir, sauras-tu faire taire mes craintes, sauras-tu me laisser ma place près de toi, sauras-tu me donner la main toujours, parce que même une guerrière a besoin d'un homme à ses côtés - pour partir au front le coeur léger, pour lui offrir ses victoires et pour revenir au pays en chantant. Dis, tu sens l'odeur du mouillé dans la rue, non je pleure pas t'es con...
18 mai 2009
Un week-end à Deauville
photo : David Hamilton
C'est un week-end d'avril où le soleil se bat avec la pluie et les nuages, mais c'est toujours comme ça en Normandie non, il a voulu m'emmener à Deauville j'étais jamais allée je me suis dit je vais combler une lacune. Finalement c'est tout près, je me suis endormie dans la voiture un moment je sentais son odeur me bercer, un mélange d'Egoïste Platinum de Chanel, du cuir de sa veste, et un peu de sa sueur parce que j'avais pas voulu mettre la clim ça me fait tomber malade. Quand on est arrivés j'étais dans un état second, ça m'a permis de juguler ma crainte - parce que moi passer ne serait-ce qu'un week-end avec un homme, je veux dire en vase clos, hôtel, maison, etc...en couple quoi...ça m'a toujours foutu les boules, l'intimité se limitant pour moi à la sexualité, mais les trucs romantiques, les ballades à deux, les repas à se regarder dans les yeux, la nuit ensemble pour dormir....là j'ai du mal et j'y suis toujours allée à reculons, et encore, juste avec les trois seuls que j'ai aimés.
Celui-là je l'aime, il s'agit du troisième donc, mais bon ma petite solitude je l'aime aussi hein, est-ce qu'il va le supporter ?
Il pleuvassait et je râlais j'aime pas la pluie, on est entrés dans l'hôtel, un beau trois Etoiles d'une chaîne standard, ça m'a calmée un peu, moi le design, le standard, le no-effect, le verre, l'acier, ça m'apaise bien. Je l'ai remercié mentalement de pas avoir choisi un "hôtel de charme" comme on dit. La chambre était vaste et claire, le lit immense et j'avais faim, je lui ai dit, il a compris, il m'a jetée sur le lit, on n'avait pas même ouvert les sacs ni rien, j'aime bien l'amour comme ça, impromptu et rapide. Il a juste baissé son jean et moi j'ai enlevé le mien et ma petite culotte en dentelle blanche, et il m'a enfoncée comme ça sur le lit, je crois qu'il avait quand même retiré sa veste en cuir...J'étais toute serrée à cause de l'angoisse du week-end, il m'a forcée un peu au début et combien j'ai aimé, ça m'a terriblement excitée, ensuite je me suis déchaînée...Au plus fort du coït j'ai entendu la mer et j'ai réalisé que la baie vitrée donnait sur la plage, on entendait le vent aussi, la nuit tombait.
Il m'a défoncée jusqu'à ce que je m'ouvre vraiment, jusqu'à ce que je devienne l'animale qui sommeille en moi et que pas grand chose il est vrai suffit à réveiller, il m'a prise comme je le désirais, à la perfection. J'ai crié et je l'ai serré très fort contre moi quand il est venu, je suis venue aussi comme ça, comme une bête affamée et soudain devenue si douce, si tendre. Ensuite on est allés dîner y avait pas grand monde dans la salle, la pluie et le vent dehors c'était une bonne compagnie, j'aimais bien.
Je me souviens de tout, de chaque instant comment c'était bon, la matinée seule qu'il m'a laissée j'étais soulagée, le bain tous les deux dans la grande baignoire avec plein de mousse, mes pieds nus dans le sable sur la plage vide et le vent qui balayait mes cheveux, le soleil revenu et les touristes aussi, les boutiques sur le port de Honfleur, les quelques photos, ma main dans sa main, le séminaire qui avait lieu dans cet hôtel et comment on a ri quand on a traversé la passerelle en peignoir pour se rendre à la piscine sous les yeux des types en costard, c'était excellent. On a repris la route dimanche, il faisait froid pour un mois d'avril j'avais mis mon pull rose clair qui dénude les épaules, j'étais heureuse et légère, rassurée pour l'avenir aussi : peut-être que l'amour finalement n'est pas incompatible avec la liberté, avec ma grande solitude, dans la voiture il ne disait rien c'était le silence, de cela aussi je lui en ai su gré. Quelques jours plus tard j'ai dit d'accord je viens vivre avec toi, moi qui avais jamais vécu avec personne...ça fait sept ans. Un jour faudra qu'on retourne à Deauville, mais que dans cet hôtel je veux.
06 mai 2009
Fiat lux
photo : © Volcane
J'ai pris cette photo sans y penser il y a quelques jours, ce n'est qu'en te la montrant que j'ai compris pourquoi. Toi mon amour, et ton passé. Toi et moi aujourd'hui. C'est des galets de la baie de Somme tu m'as dit, j'ai jamais vu la baie de Somme mais combien je l'ai imaginée grise et mélancolique comme ces galets c'est vrai, et là-bas au bout de la rue la moto c'est une Ducati il paraît, la tienne c'était une Honda 1000, j'y connais rien moi en motos, Big One tu m'as dit. Je suis jamais montée derrière toi c'est mon seul regret. J'aurais aimé avoir peur dans les virages et me serrer très fort contre toi et sentir l'engin frémir sous nos cuisses collées. Tu l'as vendue tout au début pour m'emmener à Tahiti, c'était toi celui qui devait m'emmener à Tahiti, pas les autres.
Quand j'imagine ta vie d'avant, avec l'autre et ta carrière, je vois que du gris. Un jour peut-être tu m'emmèneras en baie de Somme juste pour voir, pour vérifier si j'ai raison quand j'imagine. Je suis venue avec ma palette de couleurs, ma lingerie blanche, rose, bleue, noire, ivoire, rouge, kaki, mes mini, mes jeans moulants, mes petites robes, mes talons, mes bottes, mes bas, mes bijoux, ça a du te faire bizarre toute cette féminité d'un coup, je sais que l'autre ne portait rien de tout ça, que c'était du gris, des brushing, des culottes no-sex comme on dit en riant, du genre de celles que je mets quand j'ai mes règles, et encore, je crois pas qu'elle aurait mis une Petit Bateau ça aurait nuit à son ego.
Je voudrais, non je veux que tu sois heureux. Je peux pas le faire pour tous les hommes ça je sais, même si j'adore les hommes. Mais je le fais pour toi parce que c'est toi, juste toi que je suis venue chercher sur cette terre.
photo : Valeria Lazareva
C'était trop bon hier, toi seul peux me faire ça, comment tu fais, tu sais tout de moi sans que je te dise, tu m'offres tout ce que je peux désirer jusqu'à ce que je m'offre toute entière et comme tu veux. Je me dépasse, je me surpasse toujours davantage, t'emmener plus loin c'est tout ce que je veux, là dans tes yeux je sombre et me découvre, toujours plus avide et violente, insatiable et extrème, on est au bord de l'abîme, non on est tout au fond déjà, tu me défonces d'une telle puissance que je vais mourir on dirait, mais toujours je t'en demande plus, je suis increvable, terrible, je t'attends.
Au-delà des couleurs qui éclatent en un maëlstrom céleste, au-delà de ma volonté et de ta puissance, au-delà encore du temps et de l'espace, à la vitesse de la lumière, dans cet instant ultime, il y a nos corps embrasés qui s'effondrent, et nos âmes qui atteignent l'Olympe.
28 avril 2009
Six and sex, seven and more...
photo : Matthews Dols
Je suis fière ce soir je remonte l'avenue des Champs Elysées en serrant dans ma main ta main, je remonte le temps avec toi, ça fait 6 ans déjà, enfin 7 si on compte le moment où je t'ai dit oui je viens, le grand saut, je viens vivre avec toi, moi la fille qui avais jamais vécu avec personne, la solitaire, la sauvage, la libertaire, la libertine, la fille de l'air, la fille des gares, la fille des rêves, l'aventurière. Ce soir ça fait tout de même 6 ans que je porte ton nom, bon ok j'ai gardé le mien mais je veux être toi aussi, parce que tu m'en as laissé le droit...
J'ai un peu froid dans ma petite robe de soie bleue très courte heureusement que j'ai mis mes nouvelles bottes de pompier et pas des escarpins, je marche plus vite comme ça à tes côtés, ça va vite le temps je trouve, j'ai hâte d'être dans tes bras et de toucher tes lèvres, j'ai hâte de toi.
Je viens de réaliser quelque chose ce week-end voilà : j'ai beaucoup de chance en amour. Mes hommes ce fut toujours, c'est toujours sexuel et le sexe demeure même dans le souvenir le ciment de mes relations, mais aucune véritable histoire ne fut purement sexuelle, je veux dire au-delà du sexe on a toujours touché d'autres rivages, par la beauté du sexe justement, par la liberté de l'amour aussi, par la puissance du lien - je parle de ceux que j'ai aimés, pas des aventures qui sont tissées d'une autre matière forcément. Toi et moi dès le premier instant ce fut physique oui, je me souviens de mon émoi devant tes mains de travailleur, larges, avec des poils bruns, carrées, puissantes, j'ai réprimé un frisson et comme on était dans un cadre professionnel je suis restée très sobre dans ma tenue et mes propos. Je sais que tu as regardé mes petits seins tous durs sous mon T-shirt kaki, et mes petites fesses dans mon jean quand je me suis levée pour apporter le contrat à mon chef. J'ai pensé : sa femme elle a de la chance. Il paraît que toi t'as pensé : son homme il a de la chance.
Aujourd'hui mon homme c'est toi, ta femme c'est moi.
Laisse-moi être à toi. Je dis oui tu vois.
Il a plu des trombes d'eau ce 26 avril quand je t'ai dit oui, pas à l'église aucun de nous n'avait le droit de se marier à l'église tant mieux, la mairie était pleine, ma robe blanche piquetée de roses bleues traînait sur les pavés trempés, je me souviens qu'une partie des bâtiments étaient en travaux alors que le photographe nous a pris enlacés sur les bancs Louis XV, on voyait le chantier derrière la fenêtre et j'ai aimé, je me suis dit c'est cool il sera sur les photos. Je savais pas que je ferais des photos de chantier un jour...Ce soir je reconnais ton regard qui me faisait l'amour devant tout le monde c'est le même, je t'aime beaucoup plus que ce jour-là je crois.
Tu m'as emmenée à Flora Danica, je mange du saumon fumé d'Ecosse du bout de ma fourchette ma main tremble un peu oui je sais la ponctuation c'est pas fait pour les chiens, mais quand je te parle et quand j'écris aussi j'arrive plus à m'arrêter c'est un souffle, c'est comme si je chantais, comme si je faisais l'amour, je peux pas m'arrêter faut aller jusqu'au bout. Voilà j'ai fini mon assiette, on peut y aller, on peut aller tirer maintenant j'ai trop envie j'ai trop hâte que tu me prennes que tu sois en moi, en plus avec le vin blanc je suis un peu partie je tiens pas l'alcool tu sais bien, attends tu sais ce qu'elle raconte à son mec la nana juste à côté là, toute coincée bcbg, elle est en train de lui dire qu'elle aime bien les femmes aussi, mais si je t'assure et lui regarde il dit rien il mange tranquille son saumon c'est marrant.
J'ai aimé quand tu as relevé ma robe dans la voiture et que je me suis retrouvée presque nue dans la nuit, entièrement à toi ce soir et tous les soirs à venir c'est comme ça que je t'aime.
Sur "le grand secret" d'Indochine, tellement décalé et tellement à sa place en même temps...
Indochine- Le Grand Secret
envoyé par Gothspirit
07 avril 2009
Après la tempête
photo : Ruslan Lobanov
C'est après la tempête, au-delà des larmes et de ma peine, mon fragile esquif hésite à accoster, la grève est nue et lisse comme au premier jour cependant, j'attends je te regarde, toi seul détiens la clef si c'est toi -et c'est toi chaque fibre de mon être le confirme mais j'attends que toi tu me le confirmes. Alors toi et moi ce sera toujours l'affrontement inouï, la violence des chocs, les différences qui fustigent le coeur, nos tours magistralement dressées de part et d'autre du château, deux bêtes qui se défient mais aussi deux corps qui se cherchent, se poursuivent, se retrouvent, s'attachent, se nouent, s'enfoncent, se mélangent, se fondent à l'infini, alors ce sera toujours comme ça dis, malgré les années qui passent et qui ne peuvent rien sur la nature fondamentale de notre amour, alors ce sera toujours nos âmes qui s'élèvent très haut, doucement étreintes, Dieu que je t'aime quand tu me regardes comme ça.
La rose est rouge, très rouge comme le sang, c'est comme ça que je les aime, c'est comme ça que je t'aime, même après la tempête, le vent s'éloigne, y a plus que toi et moi et le silence, et les mots qu'on ne trouve pas, la peur du gouffre entrouvert à nos pieds car personne pas même toi et moi ne sommes à l'abri. Tes mains, mes yeux, ma bouche, tes doigts, tes lèvres, mes jambes, mon ventre, ta voix, ton sexe, mes mains aussi...Je n'ai pas le temps de mettre la rose dans un vase y a urgence, j'accoste et sous mes pieds nus le sable est si doux, si chaud que je frissonne de plaisir, tes mains sur ma peau, mes lèvres sur ton ventre, comme c'est bon de te retrouver toi, de me retrouver moi, enfin toi et moi, je ferme les yeux, la peur s'en est allée.
A nouveau et pour longtemps règne l'amour comme j'aime tant le vivre, à coups de boutoir, à force de baisers, de caresses et de soupirs, l'amour à ne plus en pouvoir, l'amour si fort qu'il peut défier le temps -mais l'autre face, terrible, irrationnelle, faite de souffrance, d'errance, de peur et de vide, la tempête qui guette et peut tout détruire en une seconde...peut-être est-elle tout autant constitutive de l'amour, parce qu'elle lui interdit de s'endormir va savoir.
La vague de nos plaisirs en fusion vient balayer ma pensée. Plus rien n'a d'importance. Pour cette fois encore toi et moi on est sauvés, la mer nous a laissés passer...
30 mars 2009
Une histoire de rails
photo : Olga Ugova
C'est une histoire qui parle de rails, de vies -de plusieurs vies, une histoire qui parle d'un homme perdu sur les rails et de moi qui vais toujours tout droit.
Pourquoi t'as été sur ma route toi j'en sais rien. Pourquoi je t'ai aimé malgré qu'on n'était pas du même monde je sais pas, ni pourquoi toi tu m'as aimée. Je sais pas grande chose en fait. Pourquoi t'as voulu refaire ta vie comme on dit, avec une fille comme moi, tout le contraire de l'autre et surtout, tout le contraire de tout ce qu'on t'avait toujours appris, les bonnes manières, la politesse de circonstance, l'argent source de bonheur, le labeur, l'ascenseur social etc. Les mauvaises langues disent que que c'est juste parce que je suis bien gaulée y en a même qui disent pire, je les crois pas, je ne crois que ce que me dit mon coeur. Mon coeur me dit que je te rends fou.
Je te rends fou oui, tu deviens fou, tu dérailles, tes mots sont devenus mes maux ce soir, je pleure, tu ne t'arrêtes pas, j'ai mal. Pourquoi je t'aime comme ça, pourquoi je sais, par-delà les maux et tous les mots possibles, je sais que tu m'aimes ? Je marche en funambule sur le rail, toute droite, les yeux dans tes yeux, je n'ai même pas peur de tomber, je t'aime, et si le train m'écrase ce sera avec toi.
On a traversé la tempête déjà, alors j'ai confiance. Mais ça m'empêche pas d'avoir mal. J'ai mal de ce qu'on t'a fait, de ce qu'on t'a appris, de celui qu'on a essayé de formater, c'est cet homme-là qui me fait mal ce soir, pas toi mon amour, dis, toi tu sais qui je suis hein, je les déteste ceux qui t'ont fait ça, ils t'ont menti, la vie c'est pas travailler plus pour gagner plus, elle te l'a montré que c'est pas ça, la vie. Et c'est pour ça que tu m'as trouvée, au détour des rails.
Je te rends fou, différent, étranger à tout ce que tu as connu, je te rends toi, je te rends à toi-même. Je t'aime. Tu peux parler comme eux ce soir j'en ai rien à foutre, même si je suis la seule à te voir je te vois, là dans tes yeux, ils viennent de changer de couleur, j'ai vu le vert très clair derrière le gris plombé de ta colère, j'ai vu au bout des rails notre amour, j'ai vu que t'allais défaillir quand je t'ai dit : sans toi je meurs, et tu m'as répondu : moi pareil sans toi je meurs.
C'est mon histoire avec cet homme que j'aime, une histoire de rails, d'acier, de béton, de choc frontal, de différences socio-culturelles, d'amour fou, de lutte, de foi, de désir, d'un désir incommensurable entre lui et moi, que rien pas même les pires tempêtes, ne peuvent jamais émousser. C'est une histoire que j'ai pas fini d'écrire avec lui, j'ai rêvé que tu m'apportais des roses à 6h du matin...j'avais trop sommeil pour bien les regarder, je sentais juste leur parfum, tu les avais déposées par-terre près du lit. Je me suis réveillée c'était ton visage qui frôlait mon visage et tes lèvres qui cherchaient les miennes.
C'est aussi une histoire de sangs qui se mêlent par-delà toutes les différences de rails qui se rejoignent.
27 février 2009
Des limbes à l'Eden
photo : Gordon Denman
Je suis toute vide je n'ai plus rien, j'ai les mains vides, tremblantes, je suis dans les limbes* c'est ça les limbes, ce blanc d'enfance et de coton, ce silence ouaté et sans fond, je tombe, je suis seule, j'ai même pas le vertige on ne voit rien dans le brouillard, je n'ai même plus conscience de la douleur à ce stade.
C'est si fragile que ça une femme. J'ai besoin d'un homme. J'ai besoin de toi.
J'ai besoin de toi de tes mains carrées et larges à l'assaut de mes grèves, de mes plages, de tes mains habiles et puissantes à la fois, capables de tenir la barre dans mes tempêtes, j'ai besoin de tes yeux perçants et inquisiteurs pour fouiller mes profondeurs, ramener à la surface mes trésors engloutis, mes perles, mes diamants, mes silences, j'ai besoin de tes lèvres fines et avides qui savent m'ouvrir, me prendre, me libérer de mes chaînes.
J'ai besoin de toi parce que tu es un homme et que ça me rassure ta voix grave, tes muscles durs, ton torse large avec des poils, ton membre d'acier dans ma main si petite et si fine, j'ai besoin de toi !
J'ai besoin de toi pour être moi, pour sortir des limbes où mon âme errante hésite entre enfer et paradis, j'ai besoin de toi pour monter là-haut ! J'ai besoin de toi pour enlever mon armure, elle est bien trop lourde pour moi, je sais la mettre pour partir à la guerre mais tu vois, j'ai besoin d'un homme ensuite pour l'enlever, c'est trop lourd et je suis tellement fatiguée après la guerre, j'ai besoin de ta force, de ta volonté, de ton désir.
Je suis une guerrière oui mais je suis une femme d'abord.
J'ai besoin d'un homme - non pas pour me battre mais pour me reposer, pour les trêves, les armistices, la paix au bout des combats, j'ai besoin de toi pour l'amour.
J'ai besoin de toi comme je désire la terre, le solide, le dur, le métal, toutes les matières brutes, comme j'ai besoin du mur à repousser de mes mains quand tu me prends, comme j'ai besoin du bois massif des meubles où me tenir quand tu me défonces, j'ai besoin de toi parce que tu es mon vrai repère, intangible et certain, dans tout ce qui est fluctuant et mouvant.
Enfin, j'ai besoin de toi parce que sans l'homme sur la terre je ne vois aucune raison valable de vivre. Et que parmi tous les hommes, il y en a un que je suis venue chercher et c'est toi.
Tant que tu voudras bien de moi j'aurai besoin de toi toujours comme ça, après les combats, pour oublier le sang, les larmes, les morts, les plaies, pour oublier qu'ici on est en attente, quelque part dans les limbes, pas loin de l'enfer, tout près du vide incommensurable.
Toi, mon homme, mon paradis, ma vie.
* du latin : limbus = frange, marge ; dans la religion catholique les limbes désignent deux lieux de l'eau-delà situés aux marges de l'enfer.
30 janvier 2009
Lui, nulle part, et moi
photo : © François Bellavista
C'est une ville perdue au milieu de nulle part, il part, il est seul. No man's land où il ne se reconnaît pas, ne se reconnaît plus, s'est perdu quelque part entre hier et demain, ses rêves s'écroulent, il est seul, n'a peut-être jamais rien possédé que ses rêves. Il part à l'aveugle. Il touche le bord et cependant ne tombe pas. Il va quelque part, là où il n'y a plus de rêves menteurs, plus de faux amours, plus de déguisements, la Barbie, l'hôtesse de l'air, la secrétaire, la working girl lui foutent le cafard à en crever, là où il sera vraiment et définitevement seul.
Je regarde cet homme me regarder, j'ai l'intime et profonde certitude que si je le touche je le sauve ou je le tue - et que c'est réciproque, s'il me touche il m'emmène ou il me noie. Je préfère attendre on sait jamais.
Le temps passe il ne cesse pas de me regarder ni d'errer dans son no man's land. Moi je vis à deux cents à l'heure comme d'hab et puis je me prends un mur comme parfois. Il ne me prend pas la main pour me relever il constate juste que je l'ai rejoint, pour un instant, dans son no man's land, là, nulle part, entre hier et demain, entre la terre et le ciel, les pieds dans la poussière et la tête dans les étoiles...
Je décide d'être sa femme. Il y a quelque chose d'ailleurs dans son regard et sur ses lèvres un goût dont il ne se doute même pas.
Maintenant c'est plus hier ni demain, c'est juste aujourd'hui, je suis toujours sa femme, le no man's land est bien loin, il a retrouvé sa guitare, il est beau à damner la sainte que je ne suis pas, quand il me fait l'amour parfois, je retrouve celui de 20 ans que j'ai jamais connu, je le vois, c'est lui qui me prend, avec la puissance de tous ses rêves d'alors, ceux pas encore cassés, et moi j'essaie de les lui réaliser.
Mon Amour quand je passe mes doigts fins dans tes longs cheveux sombres la nuit s'achève, ton coeur revit, le soleil inonde la plage, le temps n'existe plus, c'est hier, c'est demain, c'est aujourd'hui, c'est toujours, je t'ai retrouvé Toi dans Tucumcari, la ville de nulle part, Toi dans l'éternité, Toi.
Sur Tucumcari, chanson-titre du premier album d'un grand espoir de la chanson française qui vient de sortir : j'ai nommé Sammy Decoster.
TUCUMCARI
envoyé par sammy-decoster
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