07 juillet 2009
Wind of change
Sur la plage bondée une jeune fille entre 16 et 18 ans à peine écoute de la musique dans ses écouteurs, elle est très belle, elle est très seule aussi. Les regards des hommes la dévorent ou la caressent, elle les sent mais elle n'y prend pas garde, elle a la tête ailleurs. Les regards des femmes l'envient et essaient de la critiquer, elle n'y prend pas garde non plus car elle est habituée. Son bikini à carreaux vichy bleu lui donne encore plus l'air de Lolita, faut dire qu'elle n'est pas bien grosse, de petits seins, des hanches rondes mais tout de même plutôt étroites, des petites fesses rebondies, de longues jambes, bref un corps qui s'attarde dans l'enfance et qui cependant en est définitivement sorti. Ce qu'elle ignore c'est que des années plus tard, à 20, à 30 ans et plus...et même devenue mère...ce corps de Lolita demeurera intact, telle qu'il est aujourd'hui, sans un gramme de plus ni une trace de cellulite.
Elle écoute Scorpions et derrière ses lunettes noires elle pleure. Elle ne croit pas à l'amour, enfin si, enfin elle sait pas, elle sait plus, elle s'en fout, non elle voudrait s'en foutre.
Mais la guerre viendra. La guerre effacera ses larmes vaines pour ne plus faire couler que son sang. La guerre déchirera son âme en lambeaux, durant de longues années elle ne viendra plus sur cette plage bronzer et draguer, ni écouter de la musique.
Et puis un jour, parce qu'il est vrai que tout recommence et que la vie est la plus forte, la guerre s'achèvera. La très jeune femme, le corps étrangement intact, l'âme enfin sûre, reprendra le chemin de la plage, ses écouteurs sur les oreilles...
Elle n'a pas 30 ans, elle semble si légère et si futile, si belle et si sûre d'elle-même, elle nargue les femmes sur la plage et répond aux sourires masculins de temps en temps, par pur plaisir. Elle sait que l'amour existe mais elle lui laisse la liberté. Elle rêve à ses amants, et sa pensée s'attarde parfois sur l'un. Elle rêve aussi à ses amours. Mais en cet instant c'est à un homme qui ne l'a jamais touchée qu'elle pense, presque mélancolique. Elle aimerait être avec lui sur cette plage.
C'est avec Lui que je pars cet été sur cette plage, parce que l'amour existe, par-delà toutes les guerres - parce que l'amour n'est vraiment lui-même que lorsqu'il est libre.
Je dédie cette chanson à E...Et je fais le pari que dans un peu plus de dix ans, une nouvelle jeune fille, très belle et très fière, viendra bronzer et draguer sur cette plage : notre fille.
16 juin 2009
Tears, love and rain
photo : Valeria Lazareva
C'est après la vague de chaleur, quand il s'est mis à pleuvoir sans arrêt, quand la terre assoiffée boit à plus en pouvoir, quand je regarde l'eau brouiller le pare-brise et que tu conduis toujours comme il faut, quand ma gorge se serre à la jonction tu sais, entre mon coeur et mon ventre, quand le temps glisse et que j'ai peur tout-à-coup, je me sens une fille comme une autre après tout, je suis si vulnérable, si fragile, juste parce que je t'aime...
Et si chaque jour un peu plus je comprends, chaque jour un peu plus pourquoi c'est toi, si et seulement si c'est bien moi, alors tout va bien n'est-ce pas, la vie continue, comme cette route devant nous, même si j'ai peur des inconnues toi tu sais les résoudre, t'as pas fait une S pour rien, à la base t'es un scientifique hein, je te laisse résoudre alors - moi je pense, moi je formule, moi j'écris.
Il pleut tu vois, je sais la chaleur reviendra, tu m'as dit pas plus tard que demain je te crois, je te crois toujours parce que tu sais tout faire, même transformer la pluie en soleil je te crois, prends-moi dans tes bras en attendant j'ai un peu froid, je me suis pas assez couverte ce matin, mes escarpins sont tous mouillés, faut que je te dise mon rêve, mon fantasme, ma réalité, ma peur...Voilà c'est très simple, c'est tout con. Mon truc quand je suis amoureuse c'est de partager le travail avec celui que j'aime, le labeur quotidien, la peine - parce que pour moi un homme et une femme qui s'aiment c'est pas que le plaisir c'est la peine traversée ensemble aussi, le poids et l'intime fierté qu'on en tire. Mes ex étaient militaires je devais le devenir, et si j'ai pas eu mal de renoncer c'est juste parce que toi tu l'es pas. Pour toi j'ai mis mes maigres compétences commerciales en avant, toute mon expérience professionnelle ridicule, simplement pour être près de toi, partager ce quotidien-là, être ta moitié quoi.
Bientôt je vais m'en aller préparer l'Agreg de Philo. Tu vas peut-être toi aussi changer de cap, quelque chose qui a trait à la personne, je me console en me disant que c'est un peu le même domaine même si ça n'a rien à voir. Il pleut encore tu vois. Et d'abord pourquoi tu veux que je parle ? J'ai peur tu vois bien. En même temps je sais que c'est ma dernière chance pour la Philo et l'enseignement, alors je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour l'avoir cette putain d'agreg même si c'est c'est un concours plus dur que l'ENA vu le nombre de candidats et le nombre d'admis, même si j'ai une peur atroce de me casser la gueule en beauté. Mais cette peur-là c'est rien comparée à celle dont je te parle.
Bonnie and Clyde, j'ai toujours fonctionné comme ça moi, en binôme - c'est d'autant plus bizarre parce que dans la vie j'aime surtout la liberté et je déteste le couple fusionnel-collé-deux-en un, mais côté boulot le binôme c'est mon truc.
La nuit est tombée à l'heure où je t'écris, il a cessé de pleuvoir, sauras-tu faire taire mes craintes, sauras-tu me laisser ma place près de toi, sauras-tu me donner la main toujours, parce que même une guerrière a besoin d'un homme à ses côtés - pour partir au front le coeur léger, pour lui offrir ses victoires et pour revenir au pays en chantant. Dis, tu sens l'odeur du mouillé dans la rue, non je pleure pas t'es con...
06 mai 2009
Fiat lux
photo : © Volcane
J'ai pris cette photo sans y penser il y a quelques jours, ce n'est qu'en te la montrant que j'ai compris pourquoi. Toi mon amour, et ton passé. Toi et moi aujourd'hui. C'est des galets de la baie de Somme tu m'as dit, j'ai jamais vu la baie de Somme mais combien je l'ai imaginée grise et mélancolique comme ces galets c'est vrai, et là-bas au bout de la rue la moto c'est une Ducati il paraît, la tienne c'était une Honda 1000, j'y connais rien moi en motos, Big One tu m'as dit. Je suis jamais montée derrière toi c'est mon seul regret. J'aurais aimé avoir peur dans les virages et me serrer très fort contre toi et sentir l'engin frémir sous nos cuisses collées. Tu l'as vendue tout au début pour m'emmener à Tahiti, c'était toi celui qui devait m'emmener à Tahiti, pas les autres.
Quand j'imagine ta vie d'avant, avec l'autre et ta carrière, je vois que du gris. Un jour peut-être tu m'emmèneras en baie de Somme juste pour voir, pour vérifier si j'ai raison quand j'imagine. Je suis venue avec ma palette de couleurs, ma lingerie blanche, rose, bleue, noire, ivoire, rouge, kaki, mes mini, mes jeans moulants, mes petites robes, mes talons, mes bottes, mes bas, mes bijoux, ça a du te faire bizarre toute cette féminité d'un coup, je sais que l'autre ne portait rien de tout ça, que c'était du gris, des brushing, des culottes no-sex comme on dit en riant, du genre de celles que je mets quand j'ai mes règles, et encore, je crois pas qu'elle aurait mis une Petit Bateau ça aurait nuit à son ego.
Je voudrais, non je veux que tu sois heureux. Je peux pas le faire pour tous les hommes ça je sais, même si j'adore les hommes. Mais je le fais pour toi parce que c'est toi, juste toi que je suis venue chercher sur cette terre.
photo : Valeria Lazareva
C'était trop bon hier, toi seul peux me faire ça, comment tu fais, tu sais tout de moi sans que je te dise, tu m'offres tout ce que je peux désirer jusqu'à ce que je m'offre toute entière et comme tu veux. Je me dépasse, je me surpasse toujours davantage, t'emmener plus loin c'est tout ce que je veux, là dans tes yeux je sombre et me découvre, toujours plus avide et violente, insatiable et extrème, on est au bord de l'abîme, non on est tout au fond déjà, tu me défonces d'une telle puissance que je vais mourir on dirait, mais toujours je t'en demande plus, je suis increvable, terrible, je t'attends.
Au-delà des couleurs qui éclatent en un maëlstrom céleste, au-delà de ma volonté et de ta puissance, au-delà encore du temps et de l'espace, à la vitesse de la lumière, dans cet instant ultime, il y a nos corps embrasés qui s'effondrent, et nos âmes qui atteignent l'Olympe.
07 avril 2009
Après la tempête
photo : Ruslan Lobanov
C'est après la tempête, au-delà des larmes et de ma peine, mon fragile esquif hésite à accoster, la grève est nue et lisse comme au premier jour cependant, j'attends je te regarde, toi seul détiens la clef si c'est toi -et c'est toi chaque fibre de mon être le confirme mais j'attends que toi tu me le confirmes. Alors toi et moi ce sera toujours l'affrontement inouï, la violence des chocs, les différences qui fustigent le coeur, nos tours magistralement dressées de part et d'autre du château, deux bêtes qui se défient mais aussi deux corps qui se cherchent, se poursuivent, se retrouvent, s'attachent, se nouent, s'enfoncent, se mélangent, se fondent à l'infini, alors ce sera toujours comme ça dis, malgré les années qui passent et qui ne peuvent rien sur la nature fondamentale de notre amour, alors ce sera toujours nos âmes qui s'élèvent très haut, doucement étreintes, Dieu que je t'aime quand tu me regardes comme ça.
La rose est rouge, très rouge comme le sang, c'est comme ça que je les aime, c'est comme ça que je t'aime, même après la tempête, le vent s'éloigne, y a plus que toi et moi et le silence, et les mots qu'on ne trouve pas, la peur du gouffre entrouvert à nos pieds car personne pas même toi et moi ne sommes à l'abri. Tes mains, mes yeux, ma bouche, tes doigts, tes lèvres, mes jambes, mon ventre, ta voix, ton sexe, mes mains aussi...Je n'ai pas le temps de mettre la rose dans un vase y a urgence, j'accoste et sous mes pieds nus le sable est si doux, si chaud que je frissonne de plaisir, tes mains sur ma peau, mes lèvres sur ton ventre, comme c'est bon de te retrouver toi, de me retrouver moi, enfin toi et moi, je ferme les yeux, la peur s'en est allée.
A nouveau et pour longtemps règne l'amour comme j'aime tant le vivre, à coups de boutoir, à force de baisers, de caresses et de soupirs, l'amour à ne plus en pouvoir, l'amour si fort qu'il peut défier le temps -mais l'autre face, terrible, irrationnelle, faite de souffrance, d'errance, de peur et de vide, la tempête qui guette et peut tout détruire en une seconde...peut-être est-elle tout autant constitutive de l'amour, parce qu'elle lui interdit de s'endormir va savoir.
La vague de nos plaisirs en fusion vient balayer ma pensée. Plus rien n'a d'importance. Pour cette fois encore toi et moi on est sauvés, la mer nous a laissés passer...
30 mars 2009
Une histoire de rails
photo : Olga Ugova
C'est une histoire qui parle de rails, de vies -de plusieurs vies, une histoire qui parle d'un homme perdu sur les rails et de moi qui vais toujours tout droit.
Pourquoi t'as été sur ma route toi j'en sais rien. Pourquoi je t'ai aimé malgré qu'on n'était pas du même monde je sais pas, ni pourquoi toi tu m'as aimée. Je sais pas grande chose en fait. Pourquoi t'as voulu refaire ta vie comme on dit, avec une fille comme moi, tout le contraire de l'autre et surtout, tout le contraire de tout ce qu'on t'avait toujours appris, les bonnes manières, la politesse de circonstance, l'argent source de bonheur, le labeur, l'ascenseur social etc. Les mauvaises langues disent que que c'est juste parce que je suis bien gaulée y en a même qui disent pire, je les crois pas, je ne crois que ce que me dit mon coeur. Mon coeur me dit que je te rends fou.
Je te rends fou oui, tu deviens fou, tu dérailles, tes mots sont devenus mes maux ce soir, je pleure, tu ne t'arrêtes pas, j'ai mal. Pourquoi je t'aime comme ça, pourquoi je sais, par-delà les maux et tous les mots possibles, je sais que tu m'aimes ? Je marche en funambule sur le rail, toute droite, les yeux dans tes yeux, je n'ai même pas peur de tomber, je t'aime, et si le train m'écrase ce sera avec toi.
On a traversé la tempête déjà, alors j'ai confiance. Mais ça m'empêche pas d'avoir mal. J'ai mal de ce qu'on t'a fait, de ce qu'on t'a appris, de celui qu'on a essayé de formater, c'est cet homme-là qui me fait mal ce soir, pas toi mon amour, dis, toi tu sais qui je suis hein, je les déteste ceux qui t'ont fait ça, ils t'ont menti, la vie c'est pas travailler plus pour gagner plus, elle te l'a montré que c'est pas ça, la vie. Et c'est pour ça que tu m'as trouvée, au détour des rails.
Je te rends fou, différent, étranger à tout ce que tu as connu, je te rends toi, je te rends à toi-même. Je t'aime. Tu peux parler comme eux ce soir j'en ai rien à foutre, même si je suis la seule à te voir je te vois, là dans tes yeux, ils viennent de changer de couleur, j'ai vu le vert très clair derrière le gris plombé de ta colère, j'ai vu au bout des rails notre amour, j'ai vu que t'allais défaillir quand je t'ai dit : sans toi je meurs, et tu m'as répondu : moi pareil sans toi je meurs.
C'est mon histoire avec cet homme que j'aime, une histoire de rails, d'acier, de béton, de choc frontal, de différences socio-culturelles, d'amour fou, de lutte, de foi, de désir, d'un désir incommensurable entre lui et moi, que rien pas même les pires tempêtes, ne peuvent jamais émousser. C'est une histoire que j'ai pas fini d'écrire avec lui, j'ai rêvé que tu m'apportais des roses à 6h du matin...j'avais trop sommeil pour bien les regarder, je sentais juste leur parfum, tu les avais déposées par-terre près du lit. Je me suis réveillée c'était ton visage qui frôlait mon visage et tes lèvres qui cherchaient les miennes.
C'est aussi une histoire de sangs qui se mêlent par-delà toutes les différences de rails qui se rejoignent.
30 janvier 2009
Lui, nulle part, et moi
photo : © François Bellavista
C'est une ville perdue au milieu de nulle part, il part, il est seul. No man's land où il ne se reconnaît pas, ne se reconnaît plus, s'est perdu quelque part entre hier et demain, ses rêves s'écroulent, il est seul, n'a peut-être jamais rien possédé que ses rêves. Il part à l'aveugle. Il touche le bord et cependant ne tombe pas. Il va quelque part, là où il n'y a plus de rêves menteurs, plus de faux amours, plus de déguisements, la Barbie, l'hôtesse de l'air, la secrétaire, la working girl lui foutent le cafard à en crever, là où il sera vraiment et définitevement seul.
Je regarde cet homme me regarder, j'ai l'intime et profonde certitude que si je le touche je le sauve ou je le tue - et que c'est réciproque, s'il me touche il m'emmène ou il me noie. Je préfère attendre on sait jamais.
Le temps passe il ne cesse pas de me regarder ni d'errer dans son no man's land. Moi je vis à deux cents à l'heure comme d'hab et puis je me prends un mur comme parfois. Il ne me prend pas la main pour me relever il constate juste que je l'ai rejoint, pour un instant, dans son no man's land, là, nulle part, entre hier et demain, entre la terre et le ciel, les pieds dans la poussière et la tête dans les étoiles...
Je décide d'être sa femme. Il y a quelque chose d'ailleurs dans son regard et sur ses lèvres un goût dont il ne se doute même pas.
Maintenant c'est plus hier ni demain, c'est juste aujourd'hui, je suis toujours sa femme, le no man's land est bien loin, il a retrouvé sa guitare, il est beau à damner la sainte que je ne suis pas, quand il me fait l'amour parfois, je retrouve celui de 20 ans que j'ai jamais connu, je le vois, c'est lui qui me prend, avec la puissance de tous ses rêves d'alors, ceux pas encore cassés, et moi j'essaie de les lui réaliser.
Mon Amour quand je passe mes doigts fins dans tes longs cheveux sombres la nuit s'achève, ton coeur revit, le soleil inonde la plage, le temps n'existe plus, c'est hier, c'est demain, c'est aujourd'hui, c'est toujours, je t'ai retrouvé Toi dans Tucumcari, la ville de nulle part, Toi dans l'éternité, Toi.
Sur Tucumcari, chanson-titre du premier album d'un grand espoir de la chanson française qui vient de sortir : j'ai nommé Sammy Decoster.
TUCUMCARI
envoyé par sammy-decoster
03 décembre 2008
Rock'coeur
photo : © Alain Cousin
La terre a tremblé je t'aime, c'est une nécessité, un principe premier de quoi tout découle, sans contradiction possible. Je regarde tes doigts pincer les cordes de la guitare, ces doigts qui me dessinent, me caressent, me pincent aussi parfois le bout de mes petits seins tous durs, ces doigts qui me fouillent et sur lesquels je me tords de plaisir, affolée, au sommet de moi-même, ces doigts sur lesquels je jouis, comblée de toi. Je te regarde et je sais.
Que tu es mien depuis toujours et que je suis à toi, quelles que soient les contingences. Que tu fais partie intégrante de ma mission ici, c'est pour ça aussi que je t'ai dit oui, moi la farouche amoureuse de la liberté, moi la solitaire, moi la réfractaire, moi la rebelle à tout système, je savais...
Que ma place était à côté de toi, alors peu importe ce que les autres pensent, que je me suis rangée, que j'ai accepté, que j'ai plié la tête. Je m'en fous ils ne savent rien. Ils n'ont jamais rien su de toutes façons. Rien compris à mes combats, à ma solitude, à ma fierté. Alors pourquoi comprendraient-ils quelque chose à mon amour ?
Je te regarde tu es beau, tu n'avais jamais laissé une femme passer la main dans tes cheveux il paraît. C'est moi la première, c'est moi la seule. La terre tremble à chaque fois qu'on s'aime je le sens. Il y a aussi ça, cette intime fragilité, irremédiablement, qui me fait trembler à mon tour de peur et de désespoir si je te perdais. Je sais qu'alors j'aurais pas perdu que toi, j'aurais perdu tout court. Mais comme on est sur terre la nécessité ne fait pas tout, il y a toujours la contingence, ce qui peut arriver ou pas, on est sur le fil du rasoir comme tout le monde, un pas à côté tu crèves.
Tu me regardes la terre peut trembler sous nos corps embrassés, c'est avec toi que je veux mourir.
Sur une chanson d'un groupe qu'Il aime, the Pretenders : I'll stand by you
27 août 2008
Il y a une question
...à laquelle je peux pas répondre. Où vont les canards quand il fait trop froid, ça je sais pas. Sur quoi tirent les chasseurs quand ils ont trop bu, je sais pas non plus. Mais le reste...attends...je vais te répondre.
Oui, je pense à toi comme tu penses à moi. Comme on pense au cadeau merveilleux qu'on a reçu.
Oui, je pense à ça aussi souvent que toi - tu sais bien...Et je suis fière, si fière, que ce soit le fondement de notre amour, cette divine coïncidence sexuelle, tu m'affolles, tu me remplis de confusion, tu m'excites comme c'est pas permis, j'ai envie de toi, de tes mains si fortes sur mon petit corps fragile, j'ai envie de ta bestialité, de ta puissance, que tu me défasses, que tu m'inondes de ton essence.
Alors oui, je pense que c'est la bonne cette fois, on s'est pas râtés.
Je crois que oui, j'ai réussi à te faire oublier la conne d'avant moi. Dans la totale différence tu pouvais pas mieux me choisir. Et moi, une de mes particularités c'est que quand on est avec moi on oublie les autres femmes, toutes les autres, ne serait-ce qu'un instant. Alors comme t'as décidé de partager ta vie avec moi, tu l'oublies chaque jour un peu plus quoi...rire.
Oui tu es bien fait pour moi, tellement bien fait...
2000 matins...tu rigoles, ça fait déjà plus que je te supportes.
Si t'es assez bien foutu, mon play boy...ben disons que je t'ai aussi dit oui pour ça !
Se perdre tout d'un coup, tu sais on ne se perd que quand on le veut bien, ou quand l'amour déserte, mais les deux sont liés, et moi je veux pas te perdre.
Le talent t'en as tellement. Quand tu touches ta guitare, quand tu prends le volant, quand tu repeins le salon, je le vois bien ça crève les yeux que t'es un homme de talent, c'est comme quand tu me caresses...Je le savais dès que j'ai regardé tes mains le premier jour, que ce mec était doué en amour.
Rester toujours près de toi je le fais chaque jour et je crois plutôt bien.
Mieux m'aimer que celui d'avant toi ? J'aime pas les comparaisons, tu m'aimes toi et ça me comble.
Mourir dans tes bras c'est comme ça que je voudrais partir.
La jalousie, elle me fait juste sourire.
Quand la rage monte en moi - et Dieu sait que tu es doué pour la faire monter quand tu t'y mets...j'ai pas envie de te descendre mais juste de claquer la porte. Je claque, mais comme j'ai les clés de ton coeur je reviens une demi-heure après.
Mes petites culottes...ben t'en fais ce que tu veux, mais tu te prends pour Napoléon là...ça m'étonne pas de ton ego ni de ta libido mon amour.
Ta bouche : oui j'ai la foi et je croque la pomme, pour une fois ça va de pair.
Voilà je t'ai répondu. Mais il y a ce putain de refrain jamais le même qui me plante à chaque fois sa lame dans le coeur, parce que j'arrive pas à répondre à ces questions idiotes, combien de jours de deuil à la mort de Johnny, je sais pas. Tout ce que je sais c'est qu'il fera jamais trop froid pour les canards chez nous, que les chasseurs ivres tireront dans le vide s'ils nous visent, et que si Johnny y passe ce sera avec sa belle, alors elle aura pas à prendre le deuil.
Sur "Il y a une question" de Cali, un que j'aime.
12 juillet 2008
Amo ergo sum
photo : Demidov Sergev
Ton image ton visage et tout ce qui n'a pas
Fini de me séduire en multiples reflets
Ta volontaire proie prise dans tes filets
Je cherche en toi l'émoi qui dirige mes pas.
Car de tous mes voyages faut-il que je revienne
Etoile des rois Mages qui me guide vers toi
Mon intime secret mon coeur brûlant ma foi
Faut-il que je comprenne encor que je suis tienne ?...
Ivre de ton amour et grisée de délices
De vals en monts portée lovée entre tes bras
Comme au premier matin levée entre tes draps
Je souris au destin au-delà des supplices.
Tempêtes et tourmentes ne séparent que ceux
Qui se noient dans le noir et savent pas nager
Toi et moi égoïstes sans jamais partager
Nous savons préserver le meilleur pour nous deux.
Narcisse se prélasse en notre doux miroir
Jamais lasse du Beau je m'enlace à ton corps
L'eau claire nous renvoie notre parfait accord
Un et un ne font qu'Un c'est là notre savoir.
15 juin 2008
Ce pourquoi je t'aime
photo : Keith Barham
Parce que tu es un homme et que tu n'as pas honte de l'être vraiment, complètement. Parce que tu assumes tes pulsions et tes instincts, derrière le costume de l'homme en société. Parce que tu aimes commander, décider, diriger, parce que tu es un homme d'action et que tu ne crains pas le feu des mitrailles et les longues partances d'où l'on n'est jamais sûr de revenir vivant. Parce que tu reviens toujours vivant, affamé, fatigué, blessé, mais vivant. Parce que tu me ressembles et que je te reconnais quel que soit ton visage.
Viens...On va oublier le monde et les bombardements, on va plus penser à rien, ni aux larmes retenues ni à la mort, ni au temps inéluctable, ni aux traitres, ni aux coups de couteau dans le dos, à rien je te dis, juste à nous ! Viens ! Mon corps est à toi. Tu fais ce que tu veux. Tu es chez toi. Tu peux me mettre dans tous les sens, me retourner, me torturer, me déchirer, m'enculer, m'insulter, tu peux tout me faire. Je suis à toi. Je n'ai peur de rien avec toi. On peut défier le monde rien que dans cette étreinte, on peut défier la mort, on peut reconstruire le monde.
Parce que tu es un homme qui n'a pas peur de moi, parce que tu oses m'affronter, m'aimer, me posséder, parce que tu sais comment me faire jouir à tous les coups, parce que tu es un dieu quand tu me défonces comme ça, un dieu ou une bête terrible sur moi, parce que je t'aime comme ça, sans limites, déchaîné, jusqu'au bout.
Tu es en moi, tes mains solides et puissantes me retiennent prisonnière, y aura des marques sur mes fesses tant tu me tiens fort, je te regarde me prendre comme on regarde le soleil se lever, triomphant, illuminant le ciel. Je réalise soudain pourquoi je veux prendre en photo ces deux choses : le ciel et les hommes...Je ne sais pas si je réussirai, c'est tellement beau, tellement grand, je me sens si petite devant tant de perfection. Mais je me dis y a pas de raison, puisque je suis capable de faire venir le soleil comme ça, peut-être que je saurai un jour apprivoiser la lumière pour montrer tout ce que je sens en ce moment. La beauté ineffable et terrible d'un homme, celle du ciel, celui qui en ce moment nous enveloppe de son voile au-delà des couleurs réelles.
Parce que tu me reflètes, parce que tu me révèles. Parce que tu m'explores, parce que tu m'exploses dans un prisme de lumières toujours nouvelles. Je viens. Je jouis...Je suis à toi, entièrement et sans rémission.
Ce que je t'offre c'est bien plus que mon corps, c'est l'écartèlement, l'éclatement de tout mon être de femme à l'encontre de ta virilité, c'est le dévoilement radical, c'est mon âme faite chair, ou mon corps devenu esprit...Ce que tu prends c'est aussi ce que tu m'offres : mon sexe enfin libre !






















