Volcane, chère humaine

L'amour et la guerre. L'eros, pulsion indicible de vie, la mort. Le jeu, les liens, la maîtrise. La liberté. L'enfance et l'innocence des sens. L'érotisme et la grivoiserie. L'image et le modèle.

22 juillet 2008

Trains grandes lignes

bauer

photo : Daniel Bauer

Bercée par le rythme du train et la chaleur estivale, j'ai fermé les paupières depuis un moment. Je ne dors pas vraiment je somnole, je laisse les images me prendre, en succession ou bien en même temps, les unes sur les autres, les unes dans les autres, imbriquées, étroitement mêlées, comme des corps assoiffés de désir. J'aime tant les trains.

Le voyage n'a pas cessé en réalité, peut-être me suis-je vraiment endormie quelques temps je ne sais pas, mais c'est toujours l'après-midi, il fait très beau, le train va très vite, les voyageurs sont plus ou moins occupés. Ceux qui feuillètent un journal ou un magazine, ceux qui mangent ou boivent, ceux dans leur portable ou leur mp3, ceux qui lisent, ceux qui sont seuls, ceux qui sont en couple et ceux qui sont en famille. Je me souviens une fois le train était quasiment vide j'étais en 1ère dans des grands fauteuils rouges avec un homme que j'aimais, je portais des bas résille et une jupe étroite camouflage. Ce que j'ai fait ce jour-là dans le train ne me fait même pas rougir, simplement sourire là, à demi-endormie. Et l'autre, le train du midi, j'étais seule cette fois, une mini en jean très courte, pas de clim dans cet omnibus, ils étaient deux, on a chahuté, on a échangé nos portables soi-disant mais personne s'est jamais rappelé, je ne me souviens même plus de leurs têtes.

Le train file si loin qu'il remonte au plus profond de moi, de mon enfance ferrovière, wagons-lits précieux, trains-couchettes populaires, premiers TGV et premiers émois...Un plaisir indicible a pris possession de moi, comme quand on rentre chez soi ou qu'on enfile un vieux jean tant aimé qui vous fait des fesses d'enfer. Je suis tellement heureuse d'être là et que le voyage n'ait jamais cessé. Alors c'est vrai, tu veux toujours de moi ? Je suis toujours assez belle pour toi ? Assez moi, assez mélancolique, assez sexy, assez sucrée, assez dure, assez joueuse ? Je sais comment tu m'aimes. Tu m'aimes comme ça, nonchalante et légère, enfantine et sérieuse à la fois, tu aimes mes longues jambes et mes boucles brunes...Et moi je t'aime parce que tu réunis tous mes désirs et mes fantasmes. C'est si bon de te retrouver.

L'odeur mâle et tendre, sèche, douce, j'ai jamais senti cette odeur ailleurs que dans les trains grandes lignes, elle me creuse le ventre, elle me fait envie à en mourir, déjà très jeune fille je ne pouvais pas résister, combien de fois dans mon étroite couchette, quand toutes les lumières étaient éteintes, ne me suis-je pas offert une petite touchette ?...C'est si bon oui de te retrouver comme ça, là, dans ce train où le voyage continue...Je crois que...

- Mademoiselle, contrôle des billets !
Ah. Celui-là je l'avais oublié. Lui ne m'a pas oubliée. Il a les mêmes yeux que celui de mon enfance, les mêmes que celui de cette fameuse 1ère classe où j'ai fauté, peut-être que tous les contrôleurs ont les mêmes yeux finalement. Je me demande s'il sait. Je lui tends mon billet, il vérifie, il valide. Ma petite main tendue attend qu'il me le rende, il se penche un peu vers moi. Et s'il avait senti mon plaisir sur ma main ? Ses lèvres sont très fines comme j'aime, une lame de couteau, je les imagine à la place de ma main tout à l'heure. Voilà ça y est il m'a rendu mon billet. J'ai le droit de continuer le merveilleux voyage. 

Posté par Volcane à 23:01 - Erotiques - Commentaires [37] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

== Publicité ==


« Accueil  1