Volcane, chère humaine

L'amour et la guerre. L'eros, pulsion indicible de vie, la mort. Le jeu, les liens, la maîtrise. La liberté. L'enfance et l'innocence des sens. L'érotisme et la grivoiserie. L'image et le modèle.

03 juillet 2008

Ainsi fût-il

LP007_nb

photo :  © Loïc Pezarches *

On se méprend souvent quand on lit ma profession de foi réduite en une seule phrase, empruntée à mes Maîtres en Philosophie : le corps est le reflet de l'âme. On me dit quoi, penses-tu qu'un corps disgracieux ou affecté de défauts signifie toujours une âme laide et mauvaise ?...Tu n'es qu'une femme superficielle et qui ne croit qu'au physique, mais prends garde, la beauté du corps est éphémère, un jour ta "belle âme" n'aura plus qu'un vilain manteau pour la révéler ! Mignonne et la rose quoi, j'ai toujours détesté ce poème de Ronsard.

Non je ne crois pas cela. Je crois à la Beauté en tant qu'unité d'un être, d'une chose, d'un individu. La beauté est l'harmonie des formes, disent certains artistes, pour moi elle est l'harmonie entre l'intérieur et l'extérieur, la paix enfin atteinte entre le corps et l'âme, le mystère de l'incarnation résolu. Habiter pleinement son corps, l'éclairer de l'intérieur, le rendre "aimable" dans le sens premier du terme, n'est pas une mince affaire. C'est même l'entreprise de toute une vie.

Un diamant solitaire, les pétales veloutés d'une rose rouge, le grain épais et tendre d'un sac Lancel, des ongles parfaitement vernis rouge sombre et implacable, les maillons d'une gourmette masculine en argent massif, Paris la nuit, un homme qui jouit devenu dieu soudain, un corps de Rodin, un coucher de soleil, le beau est infiniment grand et multiforme. Mais toujours, il est cette matière périssable et futile -disent-ils- devenue vectrice d'une lumière intérieure, d'un éclat subjuguant. Sans matière, sans corps, point de beauté exprimable :  celle-ci resterait enfermée en elle-même, dans les abysses de l'âme ou de l'idée.

Le Beau c'est cet embrassement, cette étreinte irresistible du corps et de l'âme, de la matière et de l'idée, ce coït violent et bouleversant sous nos yeux écarquillés, émerveillés, transportés. Que des pseudo-défenseurs de "l'âme" ou de "l'intérieur" osent renier le corps me laissera toujours pantoise et révoltée : quelles terribles frustrations doit recéler un tel comportement ?...Mais le Beau est aussi l'indifférence radicale, la distance nécessaire avec tout ce qui ne l'est pas : il reste donc en-deça et au-delà de toutes critiques, resplendissant, provocant, insolent, défiant le temps à jamais. Ainsi fût-il.

* Découvrez le regard de Loïc Pezarches, amoureux du beau féminin, et qui sait le saisir avec une justesse troublante : il m'a très peu shootée mais si bien.

Posté par Volcane à 11:50 - Liens intérieurs - Commentaires [38] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


« Accueil  1