18 juin 2008
La main du père
Laisser d'abord à ma gorge serrée le droit de pleurer. Retrouver, au milieu de mes larmes, la main du père, posée sur mon front comme quand j'étais petite...La laisser caresser ma peau fiévreuse et mes boucles emmêlées. Papa, t'es là ?...Dis, tu crois que je vais me relever cette fois encore comme d'hab ? Tu veux que je sois courageuse je sais...Allez, on va mettre la machine en route.
Laver les plaies, seule, avec toi dans mon coeur qui m'aide. Ne plus attendre de douceur autre que celle de mes propres mains à l'assaut de ce corps à faire vivre coûte que coûte. Si c'est toi, Papa, qui me dis que je suis belle et que je suis forte, je ne peux plus me dérober je dois obéir. Je ne peux plus descendre, je ne peux que monter toujours plus haut.
Profonde et irrémédiable solitude.
Aujourd'hui seulement je comprends combien tu fus seul sur cette terre. Et combien je te fus précieuse, unique, irremplaçable. Ce que tu es pour moi à jamais.
Sur "Mourir au soleil", une chanson que tu aimais tant, je sais que c'est comme ça que tu voulais mourir...que c'est comme ça que tu es mort...au soleil...dans un champ...Debout. Sans moi. Mais nos mains se tenaient.
Jean Ferrat Mourir au soleil
envoyé par Brel12
15 juin 2008
Ce pourquoi je t'aime
photo : Keith Barham
Parce que tu es un homme et que tu n'as pas honte de l'être vraiment, complètement. Parce que tu assumes tes pulsions et tes instincts, derrière le costume de l'homme en société. Parce que tu aimes commander, décider, diriger, parce que tu es un homme d'action et que tu ne crains pas le feu des mitrailles et les longues partances d'où l'on n'est jamais sûr de revenir vivant. Parce que tu reviens toujours vivant, affamé, fatigué, blessé, mais vivant. Parce que tu me ressembles et que je te reconnais quel que soit ton visage.
Viens...On va oublier le monde et les bombardements, on va plus penser à rien, ni aux larmes retenues ni à la mort, ni au temps inéluctable, ni aux traitres, ni aux coups de couteau dans le dos, à rien je te dis, juste à nous ! Viens ! Mon corps est à toi. Tu fais ce que tu veux. Tu es chez toi. Tu peux me mettre dans tous les sens, me retourner, me torturer, me déchirer, m'enculer, m'insulter, tu peux tout me faire. Je suis à toi. Je n'ai peur de rien avec toi. On peut défier le monde rien que dans cette étreinte, on peut défier la mort, on peut reconstruire le monde.
Parce que tu es un homme qui n'a pas peur de moi, parce que tu oses m'affronter, m'aimer, me posséder, parce que tu sais comment me faire jouir à tous les coups, parce que tu es un dieu quand tu me défonces comme ça, un dieu ou une bête terrible sur moi, parce que je t'aime comme ça, sans limites, déchaîné, jusqu'au bout.
Tu es en moi, tes mains solides et puissantes me retiennent prisonnière, y aura des marques sur mes fesses tant tu me tiens fort, je te regarde me prendre comme on regarde le soleil se lever, triomphant, illuminant le ciel. Je réalise soudain pourquoi je veux prendre en photo ces deux choses : le ciel et les hommes...Je ne sais pas si je réussirai, c'est tellement beau, tellement grand, je me sens si petite devant tant de perfection. Mais je me dis y a pas de raison, puisque je suis capable de faire venir le soleil comme ça, peut-être que je saurai un jour apprivoiser la lumière pour montrer tout ce que je sens en ce moment. La beauté ineffable et terrible d'un homme, celle du ciel, celui qui en ce moment nous enveloppe de son voile au-delà des couleurs réelles.
Parce que tu me reflètes, parce que tu me révèles. Parce que tu m'explores, parce que tu m'exploses dans un prisme de lumières toujours nouvelles. Je viens. Je jouis...Je suis à toi, entièrement et sans rémission.
Ce que je t'offre c'est bien plus que mon corps, c'est l'écartèlement, l'éclatement de tout mon être de femme à l'encontre de ta virilité, c'est le dévoilement radical, c'est mon âme faite chair, ou mon corps devenu esprit...Ce que tu prends c'est aussi ce que tu m'offres : mon sexe enfin libre !
09 juin 2008
Pourvu qu'elles soient douces
photo : © Daniel Besson
Elle m'a fait mal, si mal. Sans le vouloir ok. Et cependant elle connaissait un peu mon passé, elle avait compris de quelle terrible guerre j'étais sortie victorieuse un jour...Alors pourquoi ? Jamais un homme ne se serait permis une telle remarque.
Elle est revenue. C'est une habitude, une vieille connaissance, et cependant je ne m'y habituerai jamais. "Orgueilleuse ! Petite prétentieuse ! Sale gamine ! Tu te prends pour qui ? Cesse de te mettre en avant, avec tes petits seins, tes auteurs dont on s'en fout, tes diplômes qui valent du vent, ta philo qui fatigue tout le monde, tes caprices de môme, tes mecs aux gros biceps, tes fans tous paumés, tes potes au chômage, tes jeans moulants, tes talons de pétasse, ton armée du salut, tes histoires de cul et tout le reste. Te crois-tu irrésistible ? Te crois-tu tellement intelligente ?" La petite fille, le coeur battant relevait cependant la tête, regardait droit dans les yeux son ennemie et réaffirmait froidement qui elle était. Plus tard, l'adolescente, blessée par les mots dits, s'isolait dans une forteresse dont elle ne sortait que pour ses compagnons d'armes. Devenue femme, les choses n'ont pas tellement changé.
Il y eut cette fille d'un an plus âgée que moi, à l'école primaire, ma première vraie baston, j'étais en CE2 elle en CM1 mais elle faisait bien deux têtes de plus que moi et était redoutée dans toute l'école pour sa popularité et son charisme. Je lui avais fait l'affront - sans le savoir- de nourir des intentions sur son ex, un beau redoublant de ma classe. Elle vint me gifler à la récré du matin. La sagesse et la prudence eussent voulu que je la ferme et lâche l'affaire, mais je ripostai. La bataille qui s'ensuivit fut terrible, d'une violence inouïe pour des petite filles de cet âge. Je me souviens de l'école entière rassemblée autour de nous, des hurlements qui résonnaient dans le préau : "Allez Alice, allez !" Je décidai que j'allais gagner. Elle était sur moi de tout son poids, j'étais vaincue, battue, humiliée, la foule hurlait toujours. Dans un sursaut de révolte, je lui envoyai de toutes mes forces mon pied dans l'estomac. Déséquilibrée, la fille lâcha prise et chancela contre le mur du préau : sa tête frappa très fort le mur et le sang jaillit. La foule un instant suspendue à mon geste reprit soudain en choeur mon prénom qu'elle se mit ensuite à scander : " Val ! Val ! Val !" Je titubais. Une maîtresse arrivait, me tirait vers le bureau de la directrice alors qu'une autre emmenait la victime en larmes à l'infirmerie. Trois jours plus tard, Philippe était mon mec.
Elle a de multiples visages, mais elle est toujours la même. Elle me fait si mal par ses coups imprévisibles que si je m'écoutais j'irais me cacher dans ma tour d'ivoire pour pleurer. Mais j'ai choisi de l'affronter et d'être moi, simplement. J'ai pris l'habitude, j'ai peu d'amies. Et ce "peu" je le perds souvent pour une goutte d'eau qui fait déborder le vase trop longtemps plein. Pourtant, tout au fond de moi, il y a cet espoir ou cette nostalgie de l'inconnu - quel paradoxe...cette utopie devrais-je dire, d'être acceptée par mes soeurs sur le territoire de la féminité. Je ne connais que les terres et les fiefs masculins, en eux je me plais et me complais, en eux je me trouve et me découvre toujours un peu plus, en eux je mourrais je crois.
Sur "Pourvu qu'elles soient douces" bien sûr, dont "Libertine" est le premier volet d'un tryptique magnifique. A toi, Mylene...une femme qui me ressemble.
Libertine, Mylene Farmer
06 juin 2008
J'Eux - part 4 (fin)
photo : Lee Stranahan
Sur un regard, les deux hommes échangèrent leur place, ne laissant à Faustine que quelques secondes pour reprendre son souffle. Edern semblait décidé à lui faire payer très cher son petit allumage. Il faisait comme chez lui - il était chez lui effectivement et ça se voyait. Les cris de Faustine devinrent plus aigus, alors qu'il la maintenait ouverte, les bras en croix, comme sacrifiée à son plaisir, et la défonçait littéralement. Mais c'était sans compter sur Gérard, qui très vite reprit les choses en main, et la fit taire en lui enfournant son membre durci au maximum dans la bouche, lui offrant à la fois le goût de son plaisir à elle dont il était enduit, et le sien, perlé au bout de son gland turgescent.
- Tu as intérêt à être bonne, ma belle, lança Edern, tu es filmée.
La jeune femme tenta de tourner la tête...Elle entrevit en effet la caméra posée sur sa coiffeuse. Edern avait du la mettre en place à son arrivée...Toute à son petit jeu avec Gérard, elle n'y avait pas prêté attention. Elle n'en éprouva ni gêne ni honte, juste une intime et profonde satisfaction. Edern la connaissait au-delà de ce qu'elle pouvait lui dire ou lui montrer, elle en avait une fois de plus la preuve. Si elle avait pu, elle aurait souri. Mais la violence du rythme de son amant la ramena à des considérations plus pratiques, et puis elle avait trop envie de goûter Gérard, il fallait le faire venir à tout prix. Son pieu dans sa bouche étroite la rendait folle, elle pompait comme une damnée, libérée de toute entrave par celui d'Edern qui défaisait une à une ses plus lointaines défenses. Ainsi prise, elle jouit deux fois, amenée toujours plus avant sur le sentier du plaisir, et désireuse plus que tout d'offrir le même plaisir au moins, à son amant et son ami. Possédée, bouleversée, défaite, à bout de forces, elle n'attendait plus que l'ultime instant où ils lui feraient l'honneur de leur plaisir.
Les deux hommes venaient cependant d'échanger un bref regard. Faustine, sans comprendre, sentit entre ses reins la puissance d'Edern décuplée soudain, il allait venir, enfin...Tout au fond d'elle la dernière porte s'ouvrit, en même temps que Gérard retirait son membre de sa bouche et lui fouettait le visage avec. Elle hurlait à présent, elle exigeait, elle suppliait. Un spasme violent la tordit de plaisir, Edern venait d'éclater en elle. Mais...immédiatement, il s'était retiré. Il acheva de se répandre sur son corps vibrant de délice et de ravissement, alors que Gérard, encouragé par cette vision tellement excitante, faisait de même sur son délicat visage. En un instant la belle fut recouverte de leur sperme. Elle était aux anges, elle souriait, heureuse, enfin comblée, elle allait chercher sur ses seins, sur ses joues, leurs essences qu'elle goûtait et mélangeait sur sa langue. Pendant ce temps, la caméra filmait.
Longtemps après - aucun n'aurait su dire vraiment combien de temps s'était écoulé - Gérard se leva, déclarant qu'il allait en griller une sur le balcon. Etait-ce vraiment le besoin de fumer une cigarette, ou bien juste celui de laisser à son amie un moment de retrouvaille et d'intimité avec son homme ?...Mais Faustine n'eut pas le loisir de le remercier, elle venait de s'assoupir sur la poitrine d'Edern.
03 juin 2008
J'Eux - part 3
photo : Nicola Ranaldi
- Je goûte oui, mais à la source.
La réponse d'Edern, laconique mais claire, acheva de rassurer Gérard quant à la suite des événements. Il n'attendait plus qu'un signe pour réagir. A vrai dire il était dans les starting blocs. Il vit Edern s'avancer vers Faustine, lui écarter les jambes sans ménagement, et, agenouillé devant elle, la supplicier de sa langue. Il comprit mieux une remarque que son amie lui avait faite un jour : " je suis vaginale autant que clitoridienne moi...un cunni sans pénétration c'est un geste incomplet"
Elle se débattait, puis peu à peu, abandonnait ses armes, émouvante, bouleversante dans la montée de son plaisir. Quand elle fut au bord, tout au bord, prête à se rendre, Edern retira sa langue de son intimité, laissant la belle pantelante, suppliante, tremblante, désespérément inassouvie...Elle avait rouvert ses grands yeux sombres et les regardait tous deux, perdue, douloureusement abîmée dans sa quête.
- A toi l'honneur, mon ami, lança alors Edern.
Gérard avait attendu cet instant depuis si longtemps. Il se devait d'en être digne. Il la désirait de tout son être, son ventre en feu et son membre tendu au maximum n'en pouvaient plus. Il n'eut pas à refaire le geste d'Edern, Faustine avait laissé ses longues jambes écartées, attendant la délivrance. Il s'enfonça en elle d'un seul coup. Tout son corps en trembla de plaisir, alors qu'il sentait ses paroies intimes l'enserrer comme un étau. Il n'allait pas tenir longtemps. Dieu qu'elle était bonne. Il ne trouvait pas d'autre mot. Il la défonçait purement et simplement, comme il en avait rêvé depuis de longs mois, c'était tout simplement divin, sa chaleur incandescente, sa douceur insoutenable, et surtout, surtout, l'étroitesse de son fourreau de soie. Elle le regardait dans un demi-sourire, les cheveux épars autour d'elle, comme si elle n'en avait jamais douté...C'est alors qu'Edern, qui était resté tout contre elle, avisa ses lèvres entrouvertes qui laissaient échapper de tendres soupirs, et lui enfourna son vît devenu énorme dans la bouche. Gérard crut qu'elle allait s'étouffer.
Elle n'en fit rien. Elle goba le membre de son amant avec bien plus que de la gourmandise, avec une véritable faim, comme si elle avait un intime besoin d'être remplie de lui, une nécessité. Gérard la voyait à moins d'un mètre de lui, pomper avec ardeur et délice, reprendre son souffle, repartir, acharnée, plus belle que jamais dans ce geste où elle conjuguait avec brio pouvoir et soumission. Qui était Faustine en cet instant ? Un simple objet de plaisir ? Le jouet d'Edern ? Leur poupée à tous deux ? Ou bien l'unique et réelle décideuse de ce moment, son organisatrice ? La divine maîtresse du jeu ?...Quoi qu'il en soit, elle donnait bien le change, à la fois offerte et obéissante aux moindres inflexions de leurs corps, et cependant pleine de maîtrise et de justesse dans sa façon de se donner.
Elle se donnait en effet. Son visage ruisselait de sueur, ses cheveux collaient à ses tempes, ses yeux se faisaient suppliants. Il faut dire que Gérard y allait comme une brute, et Edern devenait plus exigeant, tout au fond de son palais...
*Rien à voir : ceux que ça intéresse peuvent s'inscrire à la newsletter...si ça n'intéresse personne je la retire !!!
01 juin 2008
J'Eux -part 2
photo : Gabriel Rigon
Gérard, fasciné par son geste, acquiessa vaguement. Elle ferma les yeux et acheva d'écarter complètement son string, dévoilant son intimité dont il avait rêvée depuis des mois à son regard avide et brûlant. Elle était comme il l'avait vue en photo, adorablement lisse, tentatrice comme un fruit défendu - encore plus émouvante qu'en photo. Elle le laissait regarder, elle avait suspendu un instant son geste, sa main de côté maintenant le string écarté, afin qu'il s'imprègne de l'objet de son désir, sa fente presque fermée, sage, patiente, comme elle - il nota cependant un très léger écart, imperceptible, entre lequel il devinait les formes de sa petite fleur, de son bouton encore caché. Il ne put maîtriser une nouvelle érection qu'elle ne vit pas, ou fit semblant de ne pas voir. Quand elle rouvrit les yeux, elle avait déjà commencé son entreprise.
Terrible. Violente. Imprévisible. Sadique. Maso. Irresistible. Exquise. Il n'en pouvait plus. Visiblement, elle connaissait son corps par coeur, elle était plus qu'habituée à ce jeu solitaire ou pas, c'était une virtuose, il se demanda si elle était aussi bonne avec le sexe d'un homme entre les mains...Pourtant il savait qu'elle n'avait jamais joué avec un autre sexe de femme que le sien. Mais le spectacle était bluffant. Jamais il n'avait vu une femme faire ça, et pourtant il n'était pas niais.
Elle torturait ses petites lèvres, son autre main pinçait méchament un téton, elle avait mal il le voyait bien, elle ne faisait pas semblant. Mais il voyait aussi son plaisir monter peu à peu, son visage se détendre, ses traits devenir d'une douceur insoutenable, et surtout sa belle petite chose réclamer, s'ouvrir, couler sous ses doigts exigeants. Combien il aurait aimé intervenir en cet instant, ô combien ! Il aurait tout donné pour apaiser sa soif, répondre à ses petits cris plaintifs par son râle libérateur en l'enfonçant d'un seul coup de son pieu dur comme l'acier. Il lui était difficile de se contenir, mais il savait, il se doutait qu'il serait largement récompensé de sa patience et de son respect, il connaissait son amie pour sa générosité et sa tendresse...
Elle avait léché ses doigts puis s'était enfoncé le majeur profondément, il y croyait à peine, l'anulaire venait accompagner le mouvement dans son petit trou secret, elle était au bord, elle y allait comme une brute, un homme n'aurait pas fait pire...Elle lui donnait envie de faire pire. Soudain, elle retira ses doigts. Les lui tendit. Il ne se fit pas prier et s'assit sur le lit où la belle était étendue, chaude comme la braise, les cuisses ouvertes, sa petite chose toute frémissante du traitement qu'elle venait de lui faire subir. Il goûta ses doigts. Elle ne lui avait pas menti. Une saveur acidulée, elle n'avait pas le goût de beaucoup de femmes, mais celui d'une très jeune fille, enfin c'était la sensation que ça lui faisait. Il en était bouleversé. Et en bandait encore et encore.
C'est alors qu'un léger bruit le fit se retourner, déposant la main de Faustine sur sa jambe. Immobile, impassible, Edern était entré, il contemplait le spectacle dans l'embrasure de la porte. Quand il rencontra le regard de Gérard, il eut un bref sourire. Faustine s'était redressée sur un bras.
- Mon amour on n'attend plus que toi...Il en reste un peu, tu veux goûter ?...
Et elle lui tendit ses doigts.


















