14 mai 2008
Rêve en résille
photo : Woman ( Irina)
Ils étaient nombreux, je ne pourrais donner un chiffre, j'étais seule. Nue. Attachée. Enfin, pas vraiment, je portais un de ces collant-combinaison entièrement fait de large résille noire, il quadrillait et sculptait mon corps avec indécence et crudité. Je me sentais bien plus confuse que si j'étais nue, je ne porte jamais ce genre de lingerie habituellement, tout juste parfois des bas ou collants résille, mais le dessin en est beaucoup plus petit et donc moins exubérant et voyant. Je me sentais totalement provocante à mon corps défendant - car je n'avais rien choisi dans cette tenue ni dans cette mise en scène.
La porte de la pièce - un petit salon je crois- était fermée, ces messieurs parlaient à voix feutrée, fumaient et buvaient un whysky, tous très sobres d'apparence, discrets même. Je tentais de les observer mais ce n'était pas facile dans ma position : j'étais allongée par terre au fond de la pièce, à la manière d'une bête captive. Très étrange, vu qu'aucun lien à part cette combinaison de résille que je portais, ne semblait me retenir. Mais il m'était impossible de disposer de mon corps et de mes mouvements selon mon bon vouloir. J'en étais donc réduite à me tortiller sur le sol, à prendre plus ou moins appui sur un meuble afin de m'élever un peu, ou à me dresser sur mes coudes. Qui étaient-ils ? Qu'allaient-ils faire de moi ? Pourquoi m'avait-on habillée de la sorte ? A quelle fin étais-je promise ? Je ne distinguais rien de leur discussion, ils parlaient trop bas.
Soudain, je crus reconnaître la silhouette de l'un d'eux, il me tournait le dos, mais c'était bien sa stature et ses cheveux, ses gestes même : mon amour, Elav...était donc le complice voir l'instigateur de cette scène. J'en fus encore plus troublée, autant j'aurais peut-être pu assumer seule face à ces inconnus, autant sa présence rendait mon état encore plus indécent. Je tentais de me faire oublier, rampant derrière je ne sais quel meuble, quand une voix douce mais ferme me fustigea sur place : la sienne. Je m'immobilisai, comme prise en flagrant délit, telle une petite fille qui attrape un pot de confiture interdit.
- Ma douce V...
Ils s'étaient tous retournés comme un seul homme et leurs yeux me dévoraient, bien qu'ils restassent immobiles et impassibles. Cette fois-ci une véritable honte doublée d'un sentiment de plaisir indicible m'envahit : je me mis à détester et adorer à la fois cette tenue qui me révélait avec exhibition et outrecuidance aux regards de ces hommes.
- J'ai décidé de te faire subir le pire des supplices, ma douce V...reprit-il, sans égard envers mon état de confusion évident.
Je retins mon souffle. Qu'avait-il imaginé ? Quel pacte avait-il conclu avec ces inconnus ?...Enfin après des secondes de silence qui me parurent des heures, la sentence affreuse tomba.
- Tu as tous les pouvoirs, contrairement aux apparences. Choisis celui que tu veux et demande-lui ce que tu veux, il te contentera avec ma bénédiction.
C'était le pire des supplices, oui...Cette fois je baissai la tête, mortifiée, incapable de répondre. Leurs multiples regards pesaient sur moi, je ne pensais même plus à ma combinaison résille tant je me sentais perdue en cet instant. Comment me résoudre à faire un choix ? Même si un ou deux pouvaient me plaire davantage que les autres, c'était impossible, à présent qu'ils m'avaient vue tous...C'était tous ou aucun.
- Eh bien ? Elav attendait ma réponse.
- ...Je ne peux pas...finis-je par jeter dans un souffle.
Je crus qu'il allait m'en choisir un d'office, ou tirer au sort...C'était mal le connaître.
- Bon...Tes désirs sont des ordres mon amour. Ils sont tous à toi.
Je relevai la tête, incrédule. Son regard confirmait les mots que je venais d'entendre. Je tentai de me lever, et comme par magie, j'y parvins, plus aucun lien invisible ne me retenait prisonnière. Une joie immense me pénétrait de partout. La dernière image que j'ai c'est eux, leurs sourires qui répondaient au mien, alors que j'avançais vers eux, confiante et triomphante, heureuse et fière d'être à un homme capable de lire jusque dans mes pensées les plus intimes, et de m'offrir mes rêves...
Il m'a dit que je me suis réveillée ce matin en balbutiant : merci, merci !...
09 mai 2008
Des étoiles
photo : Philippe Latan (reproduction interdite sans autorisation de son auteur)
Des étoiles plein la tête, la divine et incomparable sensation d'être à ma place, enfin et entièrement. La délivrance aussi, paradoxale et bouleversante, de Narcisse. Avancer vers encore plus de légèreté, sur ce chemin que j'ai pris il y a plus de dix ans...Et ce n'est pas anodin, je me souviens très bien de la violence du choc, la lumière, déjà et à jamais, la lumière, sortir de la caverne des illusions de Platon, me prendre le soleil en pleine figure, jaillissant de partout sur mon corps dénudé, mise à nu devant moi-même, devant mon regard implacable et juste, soudain devenu objectif. Je me mitraillais de photos, l'oeil est ce miroir parfait disait Platon, je pleurais, j'aurais voulu aller me recacher dans le noir, dans l'ombre menteuse et calfeutrée de la caverne, au fond de mes illusions, mais c'était désormais impossible, je me voyais toute nue, il fallait choisir, marche ou crève. Je choisis de marcher sous le feu du soleil, dans la vérité, dans cette douleur d'être que je faisais le pari d'apprivoiser et de transformer en plaisir.
Je n'eus pas plutôt fait ce choix que la lumière s'adoucit, devint caressante, séductrice, me para de reflets soyeux et tendres, ma nudité se fit agréable, et les prémisses d'un plaisir inconnu parcoururent tous mes sens en éveil.
Voilà, j'ai réussi je crois. J'ai sauvé cette fille-là.
Dimanche c'était si beau. Ils étaient six finalement, dont le directeur du stage. Le regard plus que la voix pour me guider, j'étais sereine, heureuse, tellement heureuse, pas même le trac bien que ce fût la première fois que j'allais poser pour six photographes, mise à nu. Mais j'aime vraiment mon corps, et puis quoi, je lui dois tant à mon corps ! Narcisse est mort à l'instant même où je me suis déshabillée, j'ai su que je ne posais pas par auto-satisfaction de ma propre image, mais par amour du beau, pour moi et pour tous ceux qui y croient encore.
La lumière, comme ce jour où je sortis de l'enfer, s'est faite caressante, enveloppante, séductrice, aimante, douce, bienveillante. Comme eux, armés de leurs gros engins, pour qui j'aimai offrir peu à peu, davantage de moi. Je leur fis une entière confiance car je les avais reconnus, amis de la lumière...En échange ils m'ont offert leurs regards, chacun différent, et cependant tous convergeant vers cette même quête de la Beauté. Ce fut un honneur pour moi d'être leur modèle, je tenais à le leur dire publiquement.
Des étoiles pleins la tête, je suis heureuse, simplement heureuse.
Retrouvez-les dans mon book en construction.
05 mai 2008
Après Marlène
Que serais-je sans toi, sans toi ce serait le désert même si j'avais tous les hommes pour moi, j'avais tous les hommes pour moi je me souviens, tu n'étais pas là et sans t'attendre je fendais la foule à ta recherche, je ne savais même pas que c'était toi au milieu de tous. Ils souriaient, ils étaient heureux un instant, ça me suffisait. Caresses multiples, douceurs volées, soirs envolés, ivresse et légèreté, un seul mot d'ordre : être.
Je me souviens d'un jour de pluie où je suis allée déposer une rose devant un monument aux morts, un soldat venait de mourir, c'était le jour de ma fête...Nos regards s'étaient croisés pour la première fois quelques jours plus tôt, j'avais pensé en te voyant : elle a de la chance sa femme ; tu avais pensé en me voyant : son homme peut dormir tranquille.
Je suis ta femme depuis 6 ans - 5 ans officiellement - J'ai de la chance, oui, et tu dors tranquille entre mes bras.
Je me souviens de ce jour, il pleuvait aussi mais c'était l'hiver, je noyais ma douleur dans les rayons d'un grand magasin, chéquier prêt à l'emploi, mon frangin à mes côtés, fidèle au poste, un autre soldat était mort et son étoile cependant brillait très haut dans mon coeur. Tu m'as appelée, je crois bien que c'était la première fois, j'ai pas sorti mon chéquier, quelque chose avait arrêté mon geste. Deux mois plus tard, tu m'offrais le sac à main sur lequel j'avais flashé ce jour-là.
Que serais-je sans toi qu'une terre désertée, j'ai brûlé les autres mais celle-ci je mourrai dessus ou je mourrai tout court. La pluie était torrentielle aussi le jour de notre mariage, ma robe traînait dans les flaques, j'ai une histoire d'amour avec les jours de pluie moi, entends-tu l'eau cogner à la vitre, ruisseler le long des toits et des façades, retiens-moi, retiens-moi au bord, je ne veux pas pleurer, je ne regrette rien, la clope entre mes doigts, un peu de chair humaine bien chaude, parfois tant d'amour, et la guerre toujours. Dis, tu ne partiras jamais toi ?...Même si je suis moi, même si j'ose ouvrir toutes les portes, même si je les défonce ?...Dis, tu me défonceras toujours comme ça, comme ta somptueuse putain, tu m'honoreras toujours comme ça, comme la reine unique de ta vie ?...
Que serais-je sans toi à présent, à quoi me servirait désormais ma force légendaire si ce n'était plus pour t'aimer ?...Il peut pleuvoir encore et encore, j'ai compris que c'était un peu vain et utopique de vouloir rendre tous les hommes heureux, dans mes veines coule toujours l'amour des soldats, mais Marlène a fini avec un Général...Parvenir à te rendre heureux toi, vraiment et complètement heureux, je crois que j'aurais oeuvré un peu à mon grand rêve masculin, et que dehors, sous la pluie, les soldats auront un peu moins froid...
Sur Marlène, bien sûr, qui fut et demeure MA chanson...
02 mai 2008
Chair ou chère humaine ?
photo : Yves d'Abbans
* album de la série complète ici
Dans une débauche de lumière je plisse les yeux, le soleil m'aveugle. La porte s'est rouverte, celle que j'avais claqué autrefois à 18 ans, non je ne serai pas actrice et mannequin, le corps est-il autre chose qu'un morceau de chair humaine, j'avais déjà la réponse, et moi j'avais décidé d'ériger l'âme humaine.
Mon âme que j'ai voulu montrer, exhiber, cracher à la face de ce monde et lui qui s'entêtait à ne rien voir que ce corps, et moi qui m'acharnais à le détruire, à l'effacer, à le gommer comme une inexistence. Les années d'enfer sont gravées désormais dans ma chair, même si je n'ai gardé aucune marque physique heureusement. Est-ce cela qui fait la différence aujourd'hui, avec des modèles bien plus jeunes que moi ? Est-ce ce poids de la vie, cette guerre que je porte dans les yeux même quand je souris, est-ce la légèreté acquise, paradoxalement ?
J'ai gagné la guerre un jour de printemps comme aujourd'hui, vacillante et fragile dans le vent d'avril, désabusée pour toujours mais habitée d'une terrible soif de vivre. Puisque j'avais vaincu la mort, il me restait la vie à affronter, et je me sentais désormais suffisemment armée pour avancer quoi qu'il advienne. Cela fait plus de dix ans que j'avance...Le chemin est parfois ardu, les failles s'ouvrent soudain sous mes pas, et puis faut bien retourner au front de temps en temps, j'aime pas ça mais je le fais, ça fait partie de la vie aussi - la gagner quoi. Mais je l'aime tellement que j'encaisse les coups du destin, je panse mes plaies et je repars. Et puis la vie est quand même tellement belle et jouissive quand on sait comment la prendre. Pas facile non, un peu rétive, mais j'ai un goût certain pour le sauvage et l'indompté.
Se peut-il que je parvienne aujourd'hui à être un peu cette "chère humaine" idéale en laquelle je n'ai jamais cessé de croire, que je transcende par mon corps et mon âme, ce simple morceau de chair humaine que je suis ?...Se peut-il que d'autres que moi croient encore au beau, à sa représentation, à son incarnation, et que moi, une parmi tant d'autres, je prête mon existence pour dire ce beau ?...Je regarde avec tendresse ce corps qui ne m'a jamais lâchée, qui est toujours venu en aide à mon âme en détresse, qui m'a permis d'être aimée d'hommes magnifiques, qui aujourd'hui encore, quand d'autres femmes trichent déjà avec l'âge, m'offre un peu mon rêve d'ado. Ce corps à qui j'ai fait tant de mal autrefois et qui ne m'a rendu que du bien. J'écarquille les yeux devant mon reflet dans le miroir, le soleil entre à flots dans la pièce, je ressemble encore beaucoup à la jeune fille que j'étais. La seule différence avec celle de 18 ans, ce n'est ni la cellulite, ni les rides, ni même les marques du temps - c'est l'harmonie, c'est la paix que j'ai gagnée, c'est qu'aujourd'hui je suis corps et âme et qu'à l'époque j'étais coupée en deux. Que serait-il advenu de moi si je n'avais pas claqué la porte alors, si j'étais devenue mannequin ? Qui serais-je aujourd'hui, une femme en perdition, une star, une reconvertie chanteuse, une ratée aigrie, une femme de Président...beurk...Je me préfère comme je suis !
Dans trois jours premier shooting en tant que modèle, j'ai été acceptée dans une structure professionnelle, ils seront cinq je crois à me photographier, plus Papa qui me regarde de là-haut et qui sourit. Et, comme chaque victoire que je remporte, c'est à lui que je dédie celle-ci, lui qui m'initia très jeune à la photo et à l'art de la pose.
29 avril 2008
Ma semblable, ma soeur...
Cela fait quelques temps qu'une de mes femmes d'armes est partie au front, je la sais en difficulté et mon devoir et ma tendresse m'ont dicté ces mots que je lui dédie. Sur une photo d'un très grand que j'ai connu en partie grâce à elle - Julie avait posté sur son blog cette photo de Jean-François Lefranc en dédicace pour moi...Coup de foudre.
A Julie, ma Capitaine.
photo : Jean-François Lefranc
A terre, jamais ! Il y a les zébrures des éclairs, les déchirures de la chair, les coups de canon plus forts que le tonnerre, il y a toi désagrégée tu crois, toi qui n'es plus que cri désespéré, je te lis, je serre les dents, j'ai envie de péter l'écran et de venir à ton secours ! Toi que j'aime, ma soeur, ma semblable, ma courageuse, ma guerrière, ma victorieuse. A terre, jamais ! Comment je peux faire pour t'envoyer les clés, pour ouvrir les portes à distance, pour faire cesser tes pleurs, pour que tu t'aimes tout simplement ?
Parfois on a parlé Philo, juste un peu, mon exigeance et mon purisme, mon rigorisme et ma sévérité quant aux concepts, idées, textes, sources...t'ont peut-être étonnée, énervée aussi. A quoi ça sert toutes ces années d'études, autant qu'un médecin quoi, à quoi ça sert, je ne suis pas enseignante ni chercheur aujourd'hui. La Philosophie ça sert simplement à comprendre, à accepter comment est la vie, ses blessures, ses coupures, ses plaisirs aussi. A accepter le temps qui passe, à faire corps avec les changements, à devenir vie soi-même. A savoir un peu comment parer les coups, comment se mettre à l'abri quand ça mitraille, à panser les blessures, à trouver les antidotes. A s'aimer surtout, et à aimer la vie.
Ils ne m'ont pas aidée à décrocher Normale...Sartre, Spinoza, Saint-Augustin, Platon et les autres, ce jour-là ils m'ont laissée toute seule face au système. J'ai toujours pas fini de les en remercier. Parce que depuis, ils m'aident à décrocher la lune, ils m'aident à vivre tout simplement, à accepter les plaisirs les plus fous comme les pires douleurs. A terre, jamais !
Je peux pas te donner ma foi, ni mes armes, ni mon sourire, ni ma vie. Je me sens bien inutile. Je crois en l'intime et profonde solitude de l'homme. Mais je crois aussi farouchement en la solidarité humaine. A terre, jamais ! Ma Capitaine, il y a toujours une armée avec toi pour te protéger, même si elle se résume à deux ou trois chats. Regarde autour de toi. Rassemble tes forces, rassemble tes espoirs, rassemble ta compagnie. Rassemble-toi. Désagrégée je refuse de te croire.
Et s'il n'en reste qu'une je serai celle-là. Parce que je t'aime.
24 avril 2008
Premiers pas
L'émotion, l'hésitation, la fierté, l'humilité, le plaisir - et par-delà tout, la joie, simplement la joie. Je me regarde et je me reconnais. C'est moi, mon envie de me montrer, de jouer, mon plaisir de donner, mon amour du beau, et mon irrépressible besoin de saisir au vol l'instant.
En ce sens, la photo le dispute à l'écriture, en moi c'est la même lumière.
Mardi ce furent mes premiers pas...
Cela faisait si longtemps que je n'avais pas posé. Les dernières photos de nus artistiques remontent à mes 16 ans, quand je posais pour mon père. Vers 26 ans j'ai posé pour un magazine, à l'occasion de la sortie de mon premier roman, habillée en militaire. Depuis presque deux ans, j'ai retrouvé le chemin de l'objectif, mais seule.
J'aime mon corps et comment je suis faite. Mais contrairement à ce que certains pensent, je n'en tire aucun orgueil, juste une satisfaction très simple et humble quant à la recherche esthétique. Aussi, quand un, puis deux, puis trois professionnels de la photographie m'ont demandé de poser pour eux, j'en ai été aussi surprise que confuse.
Ce furent mes premiers pas, un peu comme une rescapée qui réapprend à marcher. Je ne remercierai jamais assez celui qui m'a donné la main, qui a cru en moi l'espace de ces quelques heures...Je sais déjà que d'autres pas suivront.
Un immense merci à Yves d'Abbans dont la patience et la générosité ont su m'accompagner. Vous trouverez le fruit de son travail avec moi ici. Peut-être ferai-je un album plus complet dans les jours qui viennent.
Je veux aussi remercier de tout coeur celles et ceux qui n'ont pas cessé de me suivre, ici ou ailleurs, d'encourager mes piètres photos, de commenter mes essais, de soutenir le modèle autant que la photographe amateur. Car c'est aussi à vous, amis et complices de mes reflets, que je dois ces premiers pas.
23 avril 2008
Des merveilles
Parce que la beauté d'un homme c'est aussi son courage, et que tous ceux qui franchissent le seuil de ma salle d'Armes possèdent cette qualité, entre autres...Parce que j'ai toujours beaucoup d'émotion en recevant ces hommages. Parce que j'aime le Beau, simplement...et que j'aime les hommes.
Il parle beaucoup, il se montre beaucoup, mais toujours avec panache et distanciation. Un grand seigneur quoi...J'ai nommé 502 soit :
Le Lord
Il parle peu et montre beaucoup. Avec une sincérité et un exhibitionnisme qui m'ont désarmée dès ma première visite. Et c'est toujours Moipourvosyeux...
L'Amarrage
Merci encore à vous, chers amis, pour ces cadeaux qui m'émerveillent.
19 avril 2008
Wonderful life
Wonderful life by Hyperchild...Je kiffe...
Des contrées profondes en moi s'éveillent un à un les souvenirs. Des hommes aimés et perdus, des amis qui ne m'ont jamais quittée, des éclats de rire et des sanglots de petite fille. Mes hauts talons sur l'asphalte, mes jeans moulants, bleus, délavés, tachetés, striés, gris, brut, noirs ou clairs, leurs regards sur mes petites fesses, la chaleur dans mon coeur, the sunshine...Mes soirées, mes potes, mes cheveux noirs, mon rouge à lèvres, nos rêves...No need to laugth and cry, certains rêves s'éparpillent, où êtes-vous, mes tendres amants, réels, possibles ou impossibles, mes amis tiennent le coup, ils encaissent ils sont forts mes amis. I need a friend. J'ai oublié la plupart des prénoms de mes amants mais pas leurs regards, pas leurs façons de faire l'amour. Mes rêves, mes désirs, mes hommes, tout ça c'est un peu pareil. Make me happy. Je regarde le clip encore, il me rappelle les lèvres aimées...Comme ça, fines comme une lame, je les aime, et bien sûr celui qui partage ma vie aujourd'hui les a comme ça...C'est insoutenable pour moi, la bouche d'un homme comme ça, quand j'en rencontre un comme ça je me sens moins seule un moment. Not so alone.
De mes terres enfouies et silencieuses, ma gorge se serre, je porte toujours des jeans moulants, je ris toujours pareil, et j'use encore mes talons sur l'asphalte. Je crois encore à mes rêves. Je brûle encore sous leurs regards, et mes potes savent où me trouver. It's a wonderful life...J'y crois encore oui.
15 avril 2008
Eden
Au matin lisse ma main s'enlise, je te cherche dans la brume encore de mes rêves, je te rêve ou bien je m'éveille...Je te cherche comme un navire oscille dans le brouillard, toi mon phare, ma lumière, mon soleil. J'ai dormi presque nue, je me souviens juste que j'avais chaud, bercée par des vagues douces et par l'air des Tropiques, le sable était si fin et si blanc, te souviens-tu ?...
Tu m'avais fait la surprise un matin, le billet pour le paradis m'attendait, mon rêve devenu réalité. Tu es le seul homme à savoir réaliser mes rêves. Je me suis acheté cet ensemble de lingerie en tulle bleu ciel quelques jours avant de partir...Tu étais avec moi dans la cabine d'essayage, on a chahuté mais des rombières attendaient derrière le rideau et il fallait faire vite. J'en suis ressortie toute mouillée.
Les éclats de l'océan, bleutés et scintillants...Ou mes rêves d'amour, alanguis au soleil que j'ai pas oublié. Un peu d'embruns sur ma peau nue, je frissone au matin, je me pelotonne contre toi, le monde n'est plus qu'un vague entour, nous sommes seuls sur cette île. Moorea s'éveille d'un seul coup. Il y a les hibiscus rouges, les fleurs de tiaré, moi toute nue sous mon paréo bleuté. L'eau est si douce, elle caresse ma peau.
Ta main s'imisce entre mes cuisses, je m'entrouvre et je t'attends. Je suis toute mouillée. La rosée était déjà si chaude là-bas, tu te souviens ?...J'étais si chaude dans l'ombre du faré.
Tu vas me prendre, je rêve peut-être encore, non, ton membre triomphant me pénètre sans retenue, j'étouffe un cri dans le matin, j'étais pas bien réveillée, j'ai un peu mal...Le soleil inonde la pièce soudain, je crie cette fois, tu me fais taire de ta main sur ma bouche, tu me fais jouir en même temps, je rayonne et je m'océane, je suis sur terre et je suis partie, tu t'enfonces plus encore dans le lagon chaud de mon ventre, il n'y a plus d'autre issue que notre plaisir.
Et depuis, je m'éveille en ces premiers matins, l'Eden est à portée humaine, je retombe de mes rêves dans tes bras, le temps n'existe plus. Je comprends pourquoi ils sont partis finir leurs jours là-bas, Brel, Gaughin, et les autres...Je comprends le goût de l'éternité, le bleu-gris du ciel quand le soleil sombre, et le vert de tes yeux comme ce rayon qui me clouait devant la mer, muette, éblouie. Je comprends pourquoi, envers et contre tout, c'est toi.
13 avril 2008
Honneur
Les nuits ont été courtes, les rêves hachés comme ma chair à vif, je suis retournée au champ de bataille comme une bête part à l'abattoir, la mort dans l'âme et à reculons...Les yeux secs car il y a des maux qui ne réclament pas des larmes mais des armes. Le premier coup reçu je parvins tant bien que mal à cautériser la blessure, j'ai des antidotes qui ont fait leurs preuves. Le second me jeta à terre, au milieu des débris et du sang, de mon impuissance et de mon désespoir...
Touchée.
A mes côtés, fidèle à lui-même, impassible et pourtant touché de me voir ainsi, mon Général...Vous n'êtes point homme à relever une guerrière telle que moi, vous savez ma fierté et respectez trop ma liberté. Vous étiez là, simplement, dur comme un roc, confiant en mes forces, veillant mon désespoir au cas où.
Vous ne m'avez pas tendu la main et je ne sais comment vous en remercier. Vous êtes un grand joueur, mais je le savais déjà sinon je ne vous aurais pas choisi. Sur mes champs de bataille je ne serai plus jamais seule, et cependant vous me laisserez toujours gagner...seule.
Cette nuit, levée à l'aurore, hagarde et douloureuse, le sang coulait j'étais perdue croyais-je, comme le renoncement est horrible pour une femme comme moi ! Je vous ai parlé, vous m'avez écoutée, vous n'aviez pas plus de solution que moi, vous avez juste eu ce geste : vous avez pris ma petite main fine dans votre poignet de fer et vous l'avez posée sur votre sexe dur comme l'acier. Je n'ai pas tardé à m'endormir, étrangement apaisée. Au coeur de mes rêves déchirés, tout au fond de moi, j'ai retrouvé ma puissance, quelque chose de si dur que tous les coups portés se brisaient dessus, que le sang glissait sur l'or inoxydable de mon armure recomposée...au-dedans mon corps recommençait à vivre. C'était si doux, si bon, si jouissif de me retrouver ! Une terrible et violente envie de faire l'amour m'a jetée contre vous.
En fin de matinée, les yeux lourds de sommeil - pourquoi mes combats sont-ils toujours de nuit depuis quelques années, j'ai pas trouvé la réponse - j'ai allumé mon portable. Un message m'attendait. C'était une excuse, une demande de pardon...
Les hommes que je rencontre ne sont pas plus doux avec moi qu'avec d'autres femmes je pense. Par contre ils me donnent toujours ce que je leur ai donné : la franchise, la droiture, la délicatesse, le respect et la vérité. Quant à Celui que j'aime il ne m'a jamais aidée mais il n'a jamais déserté. De cela je les en remercie de toute mon âme de guerrière.
De cela je vous remercie mon Général, de me traiter en Générale et de me laisser l'honneur de mes victoires, si petites soient-elles...






























