06 novembre 2009
This is the End
Tout a une fin en ce monde.
Merci à vous tous.
Je communiquerai dans les jours qui viennent et quand le temps me le permettra, le lien vers mon nouveau site, pour ceux qui voudront bien me suivre...
Désormais, ne reste ici que la trame Essentielle. J'ai Elagué pour mieux voir le ciel.
Volcane
19 octobre 2009
Sophia mon amour
photo : Aneta Bartos
"La philosophie n'est pas une théorie mais une activité."
Ludwig Wittgenstein, Tractacus logico-philosophicus (4.112)
Je sors de cours. Le vent froid balaie mes boucles sur mon visage, je maîtrise mon sourire, ma joie déferlante, mon émotion tangible, je traverse la grande cour pavée de la Sorbonne, ivre de bonheur, osant à peine y croire, simplement heureuse, d'un bonheur aussi profond que mes entrailles elles-mêmes : je me suis retrouvée entièrement.
Autrefois j'étais sélective, capricieuse, boudant certains philosophes sans véritable raison objective, m'attachant surtout à ceux qui savaient me séduire dès les premiers mots...Aujourd'hui je suis autre : ouverte et réceptive à toutes les pensées que je (re)découvre. Certainement parce que j'ai été si longtemps privée de ma substance, frustrée dans mon désir de connaître, grevée de matériel et sevrée bien trop vite de ma sève, la philosophie, la pensée, la recherche scientifique. Aujourd'hui je suis affamée, gourmande, avide.
Il n'y a pas un jour où je ne sorte de cours ainsi, un terrible et triomphant sourire aux lèvres, tout aussi difficilement maîtrisable d'ailleurs que les larmes parfois qui m'inondent le visage, libérant le flot d'amour et de bonheur que j'éprouve à retrouver l'essentiel.
Je ne sais pas si j'aurai l'Agreg de philo, rien n'est moins sûr vu le nombre affolant de candidats et le nombre minuscule d'admis ; vue aussi la somme terrible de connaissances à avaler. Neuf ans d'arrêt est-ce que ça se paye ? Est-ce que ma mémoire va retrouver rapidement les outils, les références, les citations, les pensées qui se croisent et se répondent ?...Mon seul et réel avantage par rapport aux autres candidats que je côtoie c'est mon raisonnement, ma capacité naturelle à créer des catégories, à hiérarchiser et découper la pensée, à synthétiser rapidement ou à analyser, ma clarté de réflexion et ma logique, aiguisés en classes prépa et expérimentées en recherche. Le reste c'est ce que je ne maîtrise pas : les aleas du concours.
Par contre je sais une chose, une seule : c'est que je ne quitterai plus jamais la philosophie, même si toute ma vie je dois trimer en petits boulots, c'est tellement rien du tout comparé à cette joie retrouvée, à cette resaisie de moi entière et totale...Ah si, je sais autre chose aussi : c'est que la réalité dépassera toujours la pensée et le langage, débordera à jamais sur tout ce que je pourrai écrire, Sartre le disait bien, et avant lui tant d'autres...Socrate lui-même l'a dit : je ne sais rien. Mais qu'il est bon de le savoir !
01 octobre 2009
Chère humaine, chère animale...
aquarelle : le Hussard
Elle aimait la musique. Elle était la musique elle-même, l'harmonie, la justesse, la légèreté diaphane des notes invisibles et bouleversantes, je la revois regarder mon Amour jouer de la guitare...Il dit qu'il a perdu sa plus grande fan.
Elle était la lumière et l'ombre à la fois, frêle et sombre silhouette filant dans l'ombre de mes nuits, la transperçant de l'éclat d'or de ses yeux précieux.
J'avais dit que je me tairais, je n'arrive pas à ne pas parler d'Elle.
Tout finit donc toujours comme ça, par un petit tas de terre avec un nom et deux dates ?
Vénus ma petite animale chérie, tu me manques tellement que le soleil de cet automne m'est cruel, insupportable, j'ai beau m'habiller de noir ça ne suffit pas, je t'aime à jamais. Ils ont beau venir cracher sur mes maux, les imbéciles qui ne comprennent pas mon geste et me jugent, je m'en fous tu vois ma Beauté, parce que mon geste c'est juste pour toi et que tu le vaux bien. Ils ont beau vouloir me faire honte, non je n'ai aucune honte d'avoir appelé à l'aide ceux qui m'aiment et ceux qui aiment les bêtes : l'humanité pour moi c'est l'amour entre les hommes en vue d'un progrès universel. Et puisqu'on veut me donner des leçons, commençons par sortir de l'inculture qui fait le terreau des guerres et des injustices : le mot "charité" est la francisation du latin caritas, -atis, signifiant d'abord cherté, puis amour. Cicéron prônait la "caritas generis humani", autrement dit l'amour du genre humain.
Vénus c'était l'amour, la beauté. Mon geste c'est mon amour pour elle. Vos gestes c'est l'amour entre les hommes auquel je n'ai jamais cessé de croire, bien que je ne sois pas chrétienne - et vous me le prouvez encore. Que les âmes chagrines s'éloignent de ces lieux, je veux juste le silence et l'ombre pour pleurer.
27 septembre 2009
La mort de Vénus
Vénus est morte. Mon coeur est écrasé, noyé, étouffé par la douleur. Dehors le soleil brille c'est absurde. Dans ce jour vide d'elle et lumineux où sa petite âme est en train de partir, j'erre et je pleure, plus vide encore que son petit corps mort que j'ai emballé et déposé au balcon en attendant demain, qu'on l'emmène au cimetière.
photo : Victoria Frances
J'erre et je te cherche mon Amour de petit chat, ma Beauté sombre, mon Soleil noir à jamais éteint, j'erre et te cherche désespérément dans chaque pièce de la maison que tu aimais tant, et je finirai bien par te retrouver. Je m'accroche à la lumière cruelle de ce jour, à ce que je sais, à ma foi humiliée, à ma vaine humanité, je m'accroche à tes yeux verts - pour l'instant il n'y a qu'eux qui ne m'ont pas abandonnée, je les vois, je te vois. Je t'ai demandé une faveur, ma déesse, celle de ne pas m'oublier là-haut...Je t'en prie. Un jour je te retrouverai pour toujours et ma main enfin apaisée se perdra dans ta fourrure noire, et mes lèvres tremblantes de joie se poseront sur ta tête si douce. Attends-moi je t'en prie ma Chérie, et surtout viens me voir dès que tu peux, quand tu seras bien installée dans ta nouvelle demeure, il me reste des croquettes, ta litière et la couverture que tu aimais.
A tous ceux qui désirent m'aider
J'ai décidé de faire enterrer le corps de Vénus au cimetière animalier de Villepinte afin d'honorer dignement sa sépulture. L'incinération ne faisant pas partie de ma culture, je ne peux m'y résoudre. Les frais d'inhumation sont onéreux. Comme certains savent, je n'ai plus de salaire actuellement et je ne vis que par mes séances photos, étant redevenue étudiante. Mon frère a proposé de m'aider mais il est au RMI et j'ai des scrupules à accepter. Si parmi vous certains veulent participer aux frais d'inhumation, les tarifs sont consultables sur le site et je peux vous envoyer le détail : à ceux-ci, merci d'avance pour Vénus et contactez-moi par mail ou via ce blog. Je compte sur vous.
* A cette heure je viens d'apprendre la mort de ma grand-mère...la vieille dame éternelle dont j'ai parlé au printemps 2009 et qui aimait tant les chats...J'ai reçu aussi un mail d'une blogueuse qui était dans mes liens trouvant ma démarche "totalement indécente"...L'indécence c'est l'irrespect de l'autre, ce lien a disparu d'ici. Je pense que vous comprendrez pourquoi.
23 septembre 2009
Vénus Beauté
Des vers écrits en 1996, tu n'avais que deux ans ma beauté, ils disaient déjà la puissance indéfectible de notre lien...Je t'en prie ma Vénus, ma perle noire, ma déesse, ne meurs pas ! Je t'ai eue quand je traversais l'enfer, j'en suis revenue avec toi, tu as connu tous mes amants, tous mes amours, tu as accepté mon homme et même ma petite quand elle est née...Reste avec nous, sans toi la maison serait tellement vide je veux pas y penser !...
Ta fourrure frôle ma main
Et déjà
Tu disparais
Tu retournes vers nulle part.
D'où viens-tu
Ô si douce-amère
Créature ?
Dame du Ciel de l'Egypte
Déesse-pharaone aux yeux précieux
Sphynge muette aux ongles longs
Qui font
Des sillons de sang sur la peau.
Qui es-tu ?
Sorcière hurlante sous les flammes
Ta chair calcinée de par les siècles
S'écarte dès qu'on t'approche trop...
Femme en chaleur qui se déchaîne
Persécutée, personnifiée
Diabolisée
Petite Eve non-pécheresse.
Je t'ai nommée déesse
Pour ton immortelle beauté
Pour l'or
De tes yeux, pour tes caresses brèves
Pour tes hurlements de fauve.
Pour ton corps d'ange noir
Pour ton silence nu
Pour ton âme qui brille dans la nuit
Et me parle d'amour
Vénus.
Vénus a aujourd'hui 15 ans, mais elle a toujours sa frêle silhouette de chatte des rues, et la rapidité élastique de sa prime jeunesse...Elle a traversé tant de vies à mes côtés. Dans le silence de ses yeux d'or et d'émeraude, il y a tous mes secrets. Quand elle mourra elle les emportera avec elle. Elle ne mange plus et ne réagit plus depuis 48h, après examen et prise de sang le verdict est tombé : infection virale grave qui détruit ses globules blancs à la vitesse grand V, test sida des chats négatif, traitement antibio et cortisone, si dans deux jours elle ne va pas mieux le pire est à craindre.
17 septembre 2009
Ton absence
photo © Edmond B.
C'est au creux du coeur là où je fais silence, là où je suis définitivement seule, là où je me serre contre moi-même parce que tu n'es plus là. Cette place immense, infinie, ce creux en moi, cette défaillance de la vie - à moi si vaillante, c'est tout ce qu'il me reste. Et je dois avancer malgré tout, malgré ce nouvel automne sans toi, malgré l'absence de tes grandes mains sur mes mains, malgré le Lalande philosophique si lourd à porter - tant de définitions, de concepts, de vérités, toutes indubitables et certaines, levées comme des lances vers le ciel, je dois apprendre sans toi, je dois me battre sans toi, je dois vivre encore et encore sans toi.
Il m'arrive de rêver un instant que mon rendez-vous au café c'est toi, comme avant, alors celui que je vais y voir en vérité devient flou, tu es là, on parle de tout, à un moment sans avoir mine d'y toucher, tu me demandes discrètement qui est ce type qui nous a dit bonjour tout à l'heure, je souris, oh c'est un vieux copain de lycée, ou bien c'est un ami de passage, ou que sais-je encore, un play-boy qui me plaît bien, alors tu reprends la discussion là où on l'avait laissée, soulagé, confiant, serein, ta petite fille sait ce qu'elle fait.
L'absence n'est douleur que parce que c'est la tienne. Toutes les autres absences me sont viables, faciles même parfois, malgré le manque occasionnel. Je sais si bien jouer avec le manque et la plénitude, ces deux composantes antithétiques de l'Eros que m'a apprises Plotin. Il n'y a qu'avec toi que ça marche pas le jeu, l'attente, l'impatience, le feu, et tout le reste. Parce que je suis déjà toute brûlée vive de ton absence. Parce que je sais qu'elle est irrémédiable, insondable, et que c'est pas encore demain que je te retrouverai.
Je voudrais juste remplir ma mission, faire ce que je dois. Et te l'offrir.
Je voudrais juste retrouver un jour les étoiles innombrables qu'il y avait dans le ciel quand on le regardait tous les deux Papa.
11 septembre 2009
Septembre
photo : Ruslan Lobanov
Septembre c'est entre deux temps, deux époques, ça m'a toujours fait ça, l'été qui s'en va et pourtant je m'entête à ne pas porter de collants sous mes robes, je marche jambes nues dans mes bottes ou mes escarpins quitte à frissonner un peu, tout ce que j'accorde à l'automne et au ciel gris c'est un gilet de coton ou mon petit cuir bleu marine. C'est qu'aussi je lui donne déjà tant de moi, mon effervescence, mon impatience, ma joie, celle de la petite fille respirant l'odeur indicible des fournitures scolaires neuves, caressant des doigts les feuilles blanches et vierges des cahiers et feuilletant les livres de classe à recouvrir.
Mon léger hâle des vacances s'en va mais c'est pas grave. J'ai déposé mon dossier d'inscription à la Sorbonne, il me reste encore à faire une demande d'exonération de mes droits universitaires qui sont tout de même de 500 euros - soit la totalité de ma paye du mois d'octobre...qui normalement est uniquement sensée participer au loyer, je sens que je vais devenir excellente en gestion cette année, ça me consolera si j'ai pas l'agreg au bout du compte...
Septembre c'est entre deux saisons, il fait froid et chaud tour à tour, j'ai atrappé une sale crève j'ai eu peur que ce soit la grippe A mais non c'est juste un gros rhume avec otite, je suis toute fiévreuse mais ça m'empêche pas de toujours m'habiller en robe courte. En fait j'aime pas les demi-saisons moi, j'aimerais passer de l'été à l'hiver d'un seul coup. J'ai fini Génération et Corruption d'Aristote, toujours aussi lourd à digérer celui-là et peu séduisant, faut dire que la platonicienne que je suis n'a jamais été sensible à sa pensée, mais bon j'ai quand même réussi à me le faire en profondeur, comme ça au moins ça passera plus facilement en cours.
Septembre c'est entre deux mondes, celui de la commerciale que je quitte et celui de l'étudiante en philo que je retrouve - entre les deux il y a le pont de "notre projet" à mon patron et à moi, mais il est encore en chantier, en échaffaudage, et moi j'adore les chantiers, la construction, alors ça me rend encore plus excitée. Je ne crois pas avoir été une bonne commerciale, parce que je ne pensais pas trop à faire du chiffre, les clients sympas et confiants je les écoutais et les conseillais (une bonne commerciale n'est pas là pour faire du social et time is money, donc il faut passer un minimum de temps avec chaque client), et les clients cons et malpolis je les ignorais ou leur répondais carrément (une bonne commerciale doit rester amène et souriante en toutes circonstances même quand on lui parle avec mépris ou colère). Par contre je crois que je n'ai jamais cessé d'être philosophe. Je ne sais pas si je serai prof de philo un jour, mais je sais que sophia, la belle, l'unique, la seule, guidera toujours mes pas.
Septembre c'est entre deux plaisirs, un souvenir de rêve érotique au petit matin, et un café en terrasse parce que c'est un des derniers.
C'est pour tout ça que j'aime la rentrée.
16 août 2009
L'Alpha et l'Omega
Omega - 16 août 2009
Merci à tous pour vos mots ça fait du bien de vous lire sur grand écran, parce que sur l'écran minuscule de mon téléphone portable...pfff...c'était nul. Super vacances, y avait du soleil, la mer était délicieuse, les gars étaient beaux, la bouffe était trop bonne, la famille trop cool, la petite toute heureuse, j'ai bien tiré et bien bronzé, j'ai travaillé Aristote il est excellent...Là je défais mes valises, mon homme m'a offert un jean il me fait un cul d'enfer je vous dis que ça, putain la vie est belle voilà...sourire
"O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
- O l'Omega, rayon violet de Ses Yeux ! "
Rimbaud FIN de Voyelles
photo prise bourrée avec mon portable je sais elle est nulle mais les couleurs étaient trop belles et moi j'étais tellement partie...mdr
Alpha - 30 juillet 2009
Je pars demain matin vers le Sud et l'Italie, vers les miens, vers ma famille paternelle. Le soleil de la Riviera suffira-t-il à sécher mes larmes, les paillettes et les fêtes suffiront-elles à gommer mon angoisse ?...J'ai perdu le sommeil et le sourire, mais pas mon désir, incommensurable et douloureux tant il est puissant. Seule sur le champ de bataille, hagarde et blessée, je me demande si un jour je trouverai enfin la paix en laquelle je crois et pour laquelle je me bats depuis toujours.
"Socrate : (...) mon amour sera juste comme celui de la cigogne : après avoir fait éclore en toi un amour ailé, il sera en retour entretenu par lui.
Alcibiade : Oui c'est bien cela, et je vais commencer dès ce moment à m'appliquer à la justice.
Socrate : Je souhaite que tu y persévères ; mais j'ai peur, non que je me méfie de ta nature, mais je vois la force de la cité et je crains qu'elle ne l'emporte et sur toi et sur moi."
Platon FIN du Premier Alcibiade
28 juillet 2009
Au coeur de la bataille
Les larmes ont fini par couler, de force, en même temps que la colère s'éteignait peu à peu : ne reste plus que la blessure et l'inquiétude de demain. Le noeud s'est resserré.
J'ai décidé de redevenir étudiante et de préparer l'agreg de Philo, d'être fidèle à moi-même, de ne pas me trahir. Seulement je ne sais pas comment je vais vivre. Je passe à un temps partiel et ne toucherai plus que la moitié du SMIC qui ira en totalité payer ma part de loyer. Pour le reste, mes abonnements portable, internet, mes frais personnels, mes déplacements, etc, je n'aurai plus rien. Mon homme se chargera des frais de notre enfant heureusement. Moi je suis seule.
Mais je l'ai voulu n'est-ce pas, c'est mon choix. Je n'avais qu'à renoncer à mon désir, à ma vocation : rester à mon poste de commerciale et me contenter du SMIC toute ma vie avec mon Doctorat, sans m'épanouir dans mon travail. Après tout, j'avais la chance d'avoir du travail hein, j'avais qu'à me lever un peu plus tôt le matin et j'aurais gagné un peu plus que mon SMIC, c'est notre Président qui l'assure.
Je suis une femme qui sait se contenter de ce qu'elle a, j'ai quitté le domicile familial à 19 ans avec 50 F en poche et pas de toît, et j'ai réussi à poursuivre mes études en classes prépa malgré tout et à m'en sortir seule. Mais à présent c'est plus pareil : j'ai plus droit aux bourses d'études, aux aides étudiantes, aux allocs ni à rien, pour la société je suis une femme mariée je n'ai donc qu'à vivre des revenus de mon homme - qui se tue au travail et peut juste payer les factures du foyer, la nourriture et le loyer exorbitant- sans parler de la pension à son ex-épouse.
Je sais me contenter de peu oui, mais je ne peux me contenter de rien du tout. Il faut donc que je trouve l'autre moitié de mon SMIC tout en conservant suffisemment de temps à la prépation intensive du concours, qui est l'un des plus ardus de l'Education Nationale, avec encore moins de reçus que l'ENA. Pour le moment je ne vois que deux possibilités que je livre à mes lecteurs en espérant que certains seront intéressés par les services que je propose, par nécessité certes, mais aussi par amour de l'art et de l'humain.
photo : J-L Grig
- mes séances photos : c'est toujours un plaisir de poser même si je demande une rémunération par besoin. Photographes professionnels ou amateurs passionnés, consultez mon book pour avoir un aperçu de mon travail.
- je propose un nouveau concept : la photo-coatching, soit une séance photo personnalisée pour modèles amateurs, hommes ou femmes, suivie d'un entretien en vue de retrouver confiance en soi, en son image et en son corps, éventuellement coatching séduction et relooking. Ma formation en Philosophie me permet d'aborder l'individu avec discernement, dans son contexte socio-culturel et familial, et de l'aider à retrouver une image de soi conforme à ce qu'il est. De plus je possède une expérience en Psychanalyse (5 ans d'analyse et 1 an d'exercice en tant que thérapeuthe), en Théâtre (9 ans dont 3 auprès d'acteurs de la Comédie Française) et une gestion du corps dans l'espace et des outils vocaux et gestuels, face à l'autre. Tous les renseignements sont sur mon book photographe.
Voilà, c'est pas un billet tout à fait comme les autres vous me pardonnerez, mais on fait ce qu'on peut pour garder la tête haute quand on en prend plein la gueule. Si finalement je décroche l'agreg, j'en aurai des choses à raconter à mes élèves...sourire
22 juillet 2009
Etre ou ne pas être
photo : Joyce Tennesson
Le Fongecif a refusé de financer mon congé de formation. La raison invoquée justifiant le refus est simple : les caractéristiques des autres dossiers correspondaient mieux aux critères et aux priorités définies par cet organisme. Autrement dit, j'aurais demandé une formation en gestion, commerce, compta, elle m'aurait été accordée d'office. Mais une agréagtion de Philosophie dans notre société ça ne sert à rien : des profs de Philo on n'en a pas besoin, c'est pas avec ça que nos enfants feront une S, et puis quoi cette salariée n'a jamais bossé qu'en tant que commerciale, on a davantage besoin de commerciaux que de philosophes en ce monde, et c'est pas la crise qui fera dire le contraire. Qu'elle reste donc à son poste et remplisse ses fonctions, que celles-ci n'aient aucun rapport avec ses études et que ladite salariée ne prétende qu'au SMIC avec son Bac+5 on s'en contrefout, l'important dans le travail n'étant pas le développement individuel mais plutôt la contribution au système et la productivité : en ce sens une commerciale même nulle est plus rentable qu'une agrégée de Philo.
Les larmes n'arrivaient pas à couler malgré l'intime révolte, malgré la boule énorme dans la gorge, malgré la blessure de l'injustice, non les larmes ne pouvaient pas venir, l'armure inoxydable protégeait mon âme - et déjà mon esprit se mettait à réfléchir à toute vitesse...La machine de guerre était en route, et rien ni personne ne pouvait plus l'arrêter.
Renoncer à la philo maintenant n'est plus possible : j'ai déjà dit oui il y a quelques mois, je ne peux plus faire marche arrière, tout mon être s'y refuse, corps et âme. La philo c'est ma vie, mon sang, ma pensée, mon amour, je l'ai déjà fuie trop longtemps en travaillant par nécessité dans un domaine qui m'éloignait de moi, je ne peux plus le faire. Imaginer ma vie entière faire un travail purement alimentaire est au-dessus de mes forces. Vivre durant un an ou deux (le temps d'avoir l'agreg) totalement dépendante de celui que j'aime financièrement l'est tout autant. Que faire ? Dans les deux cas je renonce à moi-même, à mon identité. La seule solution est donc de préparer l'agreg par mes propres moyens, intellectuels et financiers.
J'ai appelé la fac, ils m'envoient le dossier d'inscription. Il ne sera pas dit que je n'aurais pas tout fait pour Elle : encore une fois les mots de mon prof de Philo de Term résonnent comme des coups de marteau dans ma tête : " Ce que vous donnez à la Philo elle vous le rendra au centuple et même plus."
Et puis il y a le reste, tout le reste. La vie qui déborde de partout, les voix masculines tout autour de moi, le choeur s'est mis à enfler, plus puissant que jamais, ils sont tous là, je ne peux pas reculer, les vivants et les morts, avec tout leur amour, leurs beaux sourires, leur force tranquille, leurs sens en éveil, non je peux pas reculer. Et puis il y en a un, Un Seul, par-delà mes larmes retenues, ma révolte terrible et ma volonté implacable, il y en a Un à qui je rends honneur ici et qui me donne la main en cet instant. Et puis bien sûr il y a Papa là-bas, qui n'en jamais douté.
Je ne tremblerai pas, je ne reculerai pas, je n'hésiterai pas : j'ai dit que je reprenais la philo et que je passerai l'agreg jusqu'à l'avoir, je le ferai. Etre philosophe c'est d'abord savoir qu'un mot est une chose, un acte, une réalité. Chaque mot que je viens d'écrire est un pas de plus vers ce que je désire de tout mon être.






















